Alors que le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a annoncé que l’oléoduc Druzhba, endommagé en Ukraine par une frappe russe, pourrait être opérationnel d’ici « un mois, un mois et demi », les tensions ne s'apaisent pas avec la Hongrie. Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a réitéré ses menaces, vendredi 6 mars, pour que l’Ukraine agisse rapidement et relance les livraisons de pétrole russe, acheminées vers la Hongrie et la Slovaquie (EUROPE 13817/10).
« Nous arrêterons de laisser transiter par la Hongrie des choses importantes pour l'Ukraine, jusqu’à ce que nous recevions l’approbation de l’Ukraine pour les livraisons de pétrole », a déclaré M. Orbán à la radio, dans des propos relayés par l’AFP.
Le pays bloque toujours un prêt de l'UE de 90 milliards d'euros à l'Ukraine et l'adoption du 20e paquet de sanctions contre la Russie.
Un porte-parole de la Commission européenne, Olof Gill, a expliqué que l’institution évaluait les options pour soutenir la relance des approvisionnements en pétrole, y compris « un éventuel soutien financier ».
Sans en révéler davantage sur l’ampleur des dommages, M. Gill a soutenu que la Commission était « pleinement consciente de la situation » et essayait « d’avancer ».
Dans une lettre envoyée le 4 mars, les corapporteurs du PE sur le règlement 'REPowerEU' pour un abandon du gaz russe, Inese Vaidere (PPE, lettone) et Ville Niinistö (Verts/ALE, finlandais), ont demandé à la Commission de rester alignée sur l'objectif de suppression des importations de combustible fossile russe.
Ils espèrent que l’institution ne mettra pas la pression « directement ou indirectement » sur l’Ukraine.
« Il serait moralement et éthiquement inacceptable d'attendre d'un pays victime de la guerre d'agression brutale menée par la Russie qu'il maintienne ou rétablisse une voie de transit contribuant au financement de la machine de guerre de l'agresseur », ont-ils écrit.
Ils estiment donc que, pour faire face au blocage de la Hongrie, la solution doit être trouvée par le dialogue politique et, si nécessaire, « par les instruments institutionnels disponibles au sein de l'UE ».
M. Gill a soutenu que la priorité de l’UE restait de verser le prêt convenu par le Conseil européen, « un engagement que nous attendons de tous les dirigeants de l'UE qu'ils honorent ».
« L'escalade rhétorique de toutes parts n'est ni utile ni propice à la réalisation des objectifs que je viens d'évoquer », a-t-il conclu. (Pauline Denys)