Après la présentation par la Commission européenne de sa stratégie pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2026-2030, jeudi 5 mars (EUROPE 13822/21), plusieurs eurodéputés saluent certaines priorités, mais des appels à pousser l’ambition contre les pressions croissantes sur les droits des femmes se font entendre.
Les sociaux-démocrates (S&D) regrettent notamment le manque de nouvelles initiatives législatives.
L’importance de mettre en œuvre les directives adoptées ces dernières années, comme celles sur la transparence salariale ou la lutte contre les violences faites aux femmes, est soulignée par le S&D, qui voit néanmoins dans la stratégie le reflet d’une trop grande prudence alors même que les inégalités persistent et que les discours anti-égalité gagnent du terrain.
Pour le rapporteur de la commission des droits des femmes (FEMM), Marko Vešligaj (S&d, croate), la stratégie « ne répond pas au niveau d’ambition dont l’Europe a besoin ».
Dans un communiqué, l’élu dénonce une certaine frilosité de la Commission sur la question du viol fondé sur l’absence de consentement, cette dernière prévoyant d’abord d’évaluer l’évolution des législations nationales avant d’envisager une éventuelle initiative européenne.
Sollicitée, la coordinatrice écologiste en commission FEMM, Mélissa Camara (française) - qui note des « avancées positives » - pointe également du doigt une certaine faiblesse face aux risques d'un retour en arrière (https://aeur.eu/f/l25 ). « L’Europe ne peut pas se permettre d’être timide. Nous avons besoin de nouvelles avancées fortes », a-t-elle déclaré.
Le groupe Renew Europe s'est montré plus favorable et a salué la priorité accordée à la lutte contre les violences fondées sur le genre, notamment la cyberviolence et l’usage abusif de l’intelligence artificielle pour produire des contenus sexuels manipulés contre des femmes. Par ailleurs, les mesures destinées à renforcer l’autonomie économique des femmes sont soutenues.
De même, l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) a réservé un accueil positif à la stratégie.
Dans une interview publiée par l’Institut, sa directrice, Carlien Scheele, relève la cohérence du texte avec la 'feuille de route européenne pour les droits des femmes' et avec les indicateurs utilisés pour mesurer les progrès en matière d’égalité dans l’UE.
Elle se félicite également de plusieurs priorités, à l’instar de la lutte contre les violences fondées sur le genre, la réduction des écarts de rémunération et de prise en charge des soins ou encore plus d’équilibre dans les postes de décision. (Nithya Paquiry)