Les ministres de l’Intérieur et de la Justice de l’Union européenne se réuniront les 5 et 6 mars pour un Conseil ‘Justice et Affaires intérieures’ sous présidence chypriote, caractérisé par des dossiers sensibles liés à la migration, aux visas et à la protection des adultes.
La journée de jeudi, consacrée aux Affaires intérieures, se concentrera sur les derniers préparatifs du 'Pacte sur la migration et l’asile', « priorité absolue » de la Présidence chypriote du Conseil de l'UE, selon un haut diplomate européen. Le Conseil a formellement adopté, le 23 février dernier, les législations sur les 'pays d'origine sûrs' et les 'pays tiers sûrs' (EUROPE 13814/34), maillons essentiels du Pacte pour accélérer les procédures.
La Commission européenne profitera également de cette journée pour présenter sa première stratégie de gestion de l'asile à long terme, couvrant la période 2026-2030. Les ministres débattront des partenariats avec des pays tiers, en ciblant la coopération avec le Liban et la Libye.
À l'occasion du 'Conseil Schengen', les ministres examineront le 11e baromètre Schengen et la stratégie européenne en matière de visas récemment présentée par Magnus Brunner, commissaire chargé de la Migration et des Affaires intérieures (EUROPE 13797/10). Un accent particulier sera mis sur le renforcement des retours volontaires de migrants en situation irrégulière (EUROPE 13818/9). Le Conseil doit aussi donner des orientations politiques sur le renforcement futur de l’agence Europol, parallèlement à la 'feuille de route' de l'interopérabilité des systèmes informatiques après 2026 (EUROPE 13816/15).
Le volet sécuritaire sera également abordé durant le déjeuner, avec une discussion sur l'escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, en particulier la situation en Iran et le sort des centres de détention en Syrie.
Vendredi, les ministres de la Justice rechercheront un accord politique ('orientation générale') sur le règlement relatif à la protection des adultes, qui vise à garantir les droits des adultes vulnérables dans des affaires transfrontalières. La Présidence chypriote ambitionne de « conclure ce dossier » durant son mandat, selon une source diplomatique.
Les discussions porteront, enfin, sur la lutte contre l'impunité des crimes de guerre en Ukraine et les moyens d'empêcher les réseaux criminels de diriger des activités depuis les prisons. En marge de l’ordre du jour, deux juges de la Cour pénale internationale viendront témoigner de leur expérience sous le régime de sanctions imposé par les États-Unis. (Justine Manaud)