La réforme du mandat d'Europol a été discutée à l’occasion du Comité des représentants des États membres auprès de l’UE (Coreper), mercredi 25 février, et figurera à l'agenda du Conseil ‘Justice et Affaires intérieures’ les 5 et 6 mars, selon une note qu’Agence Europe a pu consulter. Les échanges visent à fournir des « orientations stratégiques » à la Commission pour élaborer une proposition législative d’ici l’été 2026.
Le document souligne que, pour soutenir efficacement les États membres, Europol doit en permanence « adapter et renforcer » ses missions face à des défis complexes, notamment l'usage croissant des technologies numériques par les criminels.
Dans ce contexte, la question de l'accès d'Europol aux données personnelles agite les débats sur la réforme. La note interroge en effet la nécessité de consolider « les capacités de traitement et d'analyse de l'agence ainsi que l'interopérabilité entre les systèmes nationaux et les bases de données de l'UE », mesure déjà défendue par la Commission au Parlement européen (EUROPE 13815/20). Un autre point clé concerne l'élargissement de son champ d'action aux menaces hybrides, « y compris le sabotage, la manipulation d'informations et les violations des mesures restrictives de l'Union ».
En matière de gouvernance, une large majorité d'États privilégient le renforcement des structures existantes, comme les unités nationales d'Europol, plutôt que la création de nouveaux organes budgétaires. La Commission invite cependant à reconsidérer l'adéquation du modèle de gestion actuel, alors que le budget de l'agence est « susceptible de doubler après 2027 », sous le prochain cadre financier pluriannuel. Ce renforcement opérationnel est jugé indispensable pour faire d'Europol un véritable « centre névralgique » de l'information sécuritaire dans l'UE. (Justine Manaud)