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Bulletin Quotidien Europe N° 13816
POLITIQUES SECTORIELLES / CohÉsion

Les eurodéputés manifestent leur rejet de l’architecture du prochain budget de la politique de cohésion proposée par la Commission européenne

La commission du développement régional (REGI) du Parlement européen a manifesté son rejet de l’architecture du prochain budget de la politique de cohésion pour la période 2028-2034, proposée par la Commission européenne, devant Makis Keravnos, ministre chypriote des Finances, mercredi 25 février (EUROPE 13802/17).

Les députés placent ainsi beaucoup d'espoir dans la Présidence chypriote du Conseil de l’UE, qui doit mener les négociations sur cette proposition. Plusieurs se sont référés à l'avis de la Cour des comptes de l’UE paru la veille (EUROPE 13815/13).

Raquel García Hermida-van Der Walle (Renew Europe, néerlandaise) a relevé qu’il n’y avait « pas eu un seul commentaire positif sur la proposition de la Commission ». Bien qu’elle souscrive à l'objectif de « rendre la politique de cohésion plus efficace, plus efficiente et plus ciblée », elle rejette, comme ses collègues, la renationalisation des fonds européens. « Mon message au Conseil est de défendre le principe de partenariat, de défendre le rôle des entités locales de la région et des bénéficiaires finaux dans la conception et l'exécution de cette politique dès le départ, de défendre les garanties prévues dans le règlement pour que cela soit le cas », a-t-elle lancé au ministre.

Pour Daniel Buda (PPE, roumain), cette architecture, si elle est actée, « sera caractérisée par l'imprévisibilité ». « La législation manque de prévisibilité. (...) Il faut garantir la sécurité », a-t-il plaidé. Il a également souligné le fait que les autorités territoriales font plus confiance aux autorités européennes qu'aux gouvernements centraux, qui vont et qui viennent.

« Il nous faut dès lors des règles claires, et nous voulons que la Présidence chypriote soit aux côtés de ce Parlement qui travaille d'arrache-pied pour contester cette proposition sur les plans de partenariats nationaux et régionaux », a enchéri Marcos Ros Sempere (S&D espagnol). Il a estimé que ces plans n’avaient rien de régional et rendaient la politique de cohésion plus complexe, car elle la mettait en concurrence avec d'autres projets qui constituent le projet européen.

De son côté, Younous Omarjee (La Gauche, français) a fait valoir que la politique de cohésion avait permis de « tempérer considérablement les impacts » des différentes crises que l’UE a subies au cours des deux dernières décennies.

Par ailleurs, André Rougé (PfE, français) a estimé qu’une telle réforme supprimerait une politique structurée et adaptée aux problèmes d'éloignement et d'insularité. Comme d’autres parlementaires, il craint que les spécificités des régions périphériques et ultrapériphériques ne soient plus prises en compte.

Makis Keravnos est convenu qu’il existait des disparités, des distinctions dans chaque État membre, et qu’on ne pouvait pas niveler par le bas la politique de cohésion et faire table rase des structures existantes.

« Je suis partisan d'un dialogue constructif à tous les niveaux », a-t-il conclu. (Anne Damiani)

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