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Bulletin Quotidien Europe N° 13797
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POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

La Commission européenne adopte la première stratégie globale de l'UE sur les visas

Le collège des commissaires a adopté, jeudi 29 janvier, deux nouvelles stratégies jumelles, une sur l’Asile et la migration ainsi que la « première stratégie globale de l'UE sur les visas », censées « définir une nouvelle voie pour une politique migratoire équilibrée », selon les mots de la vice‑présidente exécutive de la Commission, Henna Virkkunen, qui en a présenté les objectifs principaux lors d'une conférence de presse.

Migration illégale. Également présent, Magnus Brunner, le commissaire aux Affaires intérieures et à la Migration, a présenté ces stratégies comme « le prochain chapitre » d’une gestion globale visant, comme il l'a plusieurs fois répété, à « remettre de l'ordre dans l'UE ». 

À six mois de l'entrée en vigueur du Pacte sur l'Asile et la migration, le commissaire s'est montré déterminé « à fixer un nouveau cap sur qui peut entrer dans l'Union, qui peut y rester et qui doit la quitter. » Il y va, selon lui, de « la confiance des citoyens dans ce que l'UE fait » et de « la pression qui pèse sur les États membres ».

La 'stratégie Asile et migration' comprend donc le déploiement du système EES/ETIAS pour un contrôle frontalier numérique avancé, une révision du règlement Frontex, la création de « hubs de retour » dans des pays tiers et 3 milliards d'euros d'aide aux États membres pour mettre en œuvre le Pacte, ainsi qu'une liste européenne de 'pays d'origine sûrs' et un concept élargi de 'pays tiers sûrs' (EUROPE 13795/14). Par ailleurs, elle prévoit un recours privilégié à la « diplomatie migratoire », préconisant d'utiliser des arguments commerciaux, financiers et liés aux visas comme « leviers » pour conclure des partenariats avec des pays tiers.

Visas et mobilité de travail. La stratégie sur les visas, mise au point pour utiliser cet instrument de manière plus « coordonnée et affirmée », selon la vice-présidente exécutive, inclut, quant à elle, une révision du Code des visas pour renforcer les leviers sur les retours et la sécurité, des visas multiples de longue durée pour les voyageurs dits 'de confiance', une liste commune d'entreprises vérifiées pour accélérer les visas d'affaires, et la numérisation complète des procédures d'ici 2028. Une recommandation cible également l'attraction de talents avec des bureaux 'Legal Gateway', comme celui qui sera prochainement ouvert en Inde (EUROPE 13785/1) et des simplifications pour étudiants et chercheurs.

Dès leur annonce, ces mesures ont rapidement fait l'objet de critiques. L'eurodéputée Melissa Camara (Verts/ALE, française) a accusé la Commission de « céder encore une fois aux fantasmes mortifères de l’extrême droite » en priorisant la réduction d’une « immigration prétendument illégale » plutôt que « d’organiser un accueil et un traitement dignes pour les personnes exilées ». Silvia Carta, chargée de plaidoyer pour la 'Plateforme pour la coopération internationale sur les sans-papiers' (PICUM), a également regretté que ces mesures « transforment les visas, le commerce et l’aide au développement en outils de chantage pour faire pression sur les pays tiers afin qu’ils coopèrent aux expulsions ». Le réseau EuroMed Rights, de son côté, a dénoncé une politique susceptible de renforcer des régimes « où de graves violations des droits humains sont documentées quotidiennement ».

Les stratégies : https://aeur.eu/f/khb ; https://aeur.eu/f/khc (Justine Manaud)

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