La Présidence chypriote du Conseil de l'Union européenne souhaiterait parvenir, vendredi 30 janvier, à un accord politique de principe sur le futur prêt à l'Ukraine doté de 90 milliards d'euros pour 2026 et 2027, estimant que les discussions avec les États membres vont dans la bonne direction (EUROPE 13786/4).
Il n'est cependant pas certain qu'elle y parvienne, plusieurs délégations nationales ayant demandé du temps pour analyser la proposition de compromis sur la table.
Mercredi 28 janvier, au Parlement européen, plusieurs commissions parlementaires ont interrogé les commissaires européens compétents, Valdis Dombrovskis et Marta Kos, sur les modalités de ce prêt qui sera adossé au budget de l'UE et déclenché à la faveur d'une coopération renforcée permettant à la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque de ne pas y participer.
L'une des questions posées, notamment par Johan Van Overtveldt (CRE, belge), concernait la gestion des intérêts (environ 1 milliard d'euros en 2026 et 3 milliards d'euros pour les années suivantes) que l'UE devra supporter.
L'objectif est d'utiliser la marge du cadre financier pluriannuel (CFP) actuel. « Si cela n'était pas possible, un instrument supplémentaire dédié serait créé, auquel 24 États membres contribueraient », a indiqué M. Dombrovskis. Il a promis de demander à son homologue au Budget, Piotr Serafin, de préciser cette question lorsqu'il présentera, jeudi 5 février, aux eurodéputés, la proposition de modification du CFP pour financer le prêt.
Sur la lutte contre la corruption, le commissaire européen a rappelé que l'Ukraine ne pourra pas revenir sur des règles déjà en place ('no-roll back clause'). Et la Commission aura accès au compte bancaire ukrainien à travers lequel transiteront les versements européens. (Mathieu Bion)