Face à une recrudescence des actes antisémites - atteignant des niveaux sans précédent - depuis les attaques du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, l’Union européenne continue de lutter en dépit de l’absence de données fiables et comparables.
C’est ce qu’avance un rapport de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) relatif au suivi et à l’enregistrement de l’antisémitisme, publié mardi 27 janvier.
Selon une précédente enquête de la FRA (EUROPE 13451/26), datant de juillet 2024, 96% des Juifs interrogés ont subi au moins une forme d’antisémitisme en 2023 en UE, mais seulement 26% des incidents antisémites en ligne et 49% des violences sont portés à la connaissance des autorités.
Or, lorsqu’ils sont enregistrés, le présent rapport démontre que les chiffres témoignent d’une poussée. En France, les actes et menaces antisémites officiellement recensés sont passés de 436 en 2022 à 1 676 en 2023. En Allemagne, les crimes à motivation antisémite ont doublé, atteignant 5 164 faits en 2023, puis 6 236 en 2024.
Mais comme chaque État applique ses propres définitions, catégories et méthodes de collecte, ces chiffres restent difficilement comparables.
Pour la FRA, l’enjeu dépasse donc la simple statistique. Mal enregistrer l’antisémitisme, c’est invisibiliser un phénomène structurel et fragiliser toute la chaîne pénale, de l’enquête à la condamnation. Afin de mesurer plus fidèlement l’ampleur réelle de l’antisémitisme dans l’UE et les pays couverts par l’Agence, la FRA préconise une meilleure formation des forces de l’ordre, une coopération renforcée avec la société civile et la conduite régulière d’enquêtes nationales.
Le rapport : https://aeur.eu/f/kgx (Nithya Paquiry)