Les demandes de protection internationale dans l'Union européenne ont enregistré une baisse significative de 19% en 2025, avec environ 822 000 dossiers déposés, contre plus d'un million l'année précédente, d'après le rapport annuel de l'Agence européenne pour l'asile (EUAA), publié mardi 3 mars. Selon les auteurs, ce recul est à attribuer davantage à une « reconfiguration structurelle de la dynamique de l'asile » plutôt qu'à une résolution définitive des crises mondiales.
Cette diminution s’explique principalement par l'effondrement des demandes syriennes, en chute de 72% (42 000 demandes), à la suite du changement de régime à Damas. À l'inverse, les demandes des ressortissants afghans (+33%) et vénézuéliens (+23%) ont énormément augmenté. Pour les Afghans, cette hausse résulte largement d'un bond des « demandes réitérées » par des personnes déjà présentes sur le sol européen, après un arrêt de la Cour de justice de l'UE rendu fin 2024 établissant que la situation des femmes afghanes légitime l'accès à une protection sur le sol européen (EUROPE 13497/15).
Le rapport souligne aussi une baisse du taux de reconnaissance global des demandes d'asile à 29%, liée à la raréfaction des dossiers syriens, traditionnellement plus acceptés.
Malgré le ralentissement des flux observés, les systèmes nationaux restent assez sollicités, avec 1,2 million de dossiers toujours en cours de traitement, toutes instances confondues. L'EUAA prévient également qu’un « regain d'escalade dans les conflits ou une crise systémique pourrait rapidement modifier la trajectoire des demandes d'asile ».
Le rapport complet : https://aeur.eu/f/kzm (Justine Manaud)