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Bulletin Quotidien Europe N° 13795
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INSTITUTIONNEL / Holocauste

Le Parlement européen rend hommage aux victimes du nazisme

Le Parlement européen a honoré la mémoire des six millions de Juifs et de plusieurs millions de Roms, Sintis, homosexuels, syndicalistes ou communistes assassinés pendant la IIe Guerre mondiale par le régime nazi, mardi 27 janvier à Bruxelles, lors d'une session plénière commémorant le 81e anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.

« Aujourd'hui, l'antisémitisme se propage plus rapidement et plus largement que jamais, amplifié par Internet et les réseaux sociaux. Les mensonges se répandent en quelques secondes. Les vieilles théories du complot reprennent vie. Et les conséquences sont terriblement réelles, comme nous l'avons vu récemment à Bondi Beach, où des familles juives qui célébraient Hanoukka ont été abattues de sang-froid », a déclaré la présidente du PE, Roberta Metsola (EUROPE 13773/1).

Les eurodéputés ont longuement applaudi Tiziana Bocchi, rescapée d'Auschwitz, et dont le mari a travaillé comme interprète dans les institutions de l'UE. Mme Bocchi a raconté l'expérience émouvante de sa déportation enfant depuis Rijeka dans le camp de Birkenau, où exerçait le chirurgien nazi Josef Mengele.

« Devenue adulte, j'ai réussi à faire la différence entre un nazi et un Allemand et cela m'a aidé à vivre mieux. Avec le temps, l'Allemagne a fait le bilan de son passé. Je voudrais aussi que nous, Italiens, fassions le bilan de notre passé, car nous n'étions pas innocents, mais alliés de l'armée nazie. Sans l'aide des fascistes, il n'y aurait pas eu autant de déportés », a déclaré Mme Bocchi. 

 Mardi, dans le cadre de Journée internationale de commémoration de la Shoah, les données publiées par la Commission européenne à la suite d’une enquête Eurobaromètre témoignent d’une inquiétude croissante face à l’antisémitisme au sein de l’UE. Ainsi, en 2025, 55% des Européens ont estimé que l’antisémitisme constituait un problème dans leur État membre, contre 50% en 2018. Et 69% des répondants ont considéré que les conflits au Moyen-Orient influencent la perception des Juifs.

Près d’un Européen sur deux (47%) a observé une amplification de ce fléau protéiforme - l’hostilité dans l’espace public (62%), les graffitis antisémites (61%) et l’antisémitisme en ligne (61%) figurant parmi les exemples les plus cités - au cours des cinq dernières années.

On notera toutefois que l’enquête a également révélé que les Européens sont de plus en plus nombreux à connaître les lois criminalisant l'incitation à la violence antisémite (66%, contre 61% en 2018) et le négationnisme (52%, contre 42% en 2018).

Consulter les résultats de l’enquête : https://aeur.eu/f/kfg  (Mathieu Bion et Nithya Paquiry)

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