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Bulletin Quotidien Europe N° 13795
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SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE / Espace

Andrius Kubilius annonce le lancement des opérations de GOVSATCOM

Le commissaire européen à l’Espace, Andrius Kubilius, a annoncé, mardi 27 janvier, le lancement des opérations de GOVSATCOM, qui ont pour objectif de fournir des communications satellitaires sécurisées.

« La semaine dernière, nous avons lancé les opérations de GOVSATCOM. Cela signifie que tous les États membres ont désormais accès à des communications par satellite souveraines, militaires et gouvernementales, sécurisées et cryptées, conçues en Europe, exploitées en Europe, sous contrôle européen », a-t-il détaillé dans un discours à la 18e Conférence sur l'espace européen, à Bruxelles. « Nous disposons de huit satellites provenant de cinq pays, qui assurent précisément ce service », a-t-il indiqué devant les médias. « On met une partie de nos moyens patrimoniaux dans GOVSATCOM », a précisé le ministre français, Philippe Baptiste, à quelques journalistes, dont Agence Europe.

Le commissaire a également annoncé que la couverture de GOVSATCOM serait étendue en 2027 et sa bande passante augmentée « afin de couvrir le monde entier ». « Nous acquerrons cette nouvelle capacité auprès de partenaires commerciaux, avec une sécurité renforcée », a-t-il expliqué.

M. Kubilius a également annoncé que les fréquences militaires du programme européen de constellation de satellites de télécommunications sécurisées IRIS² Ka étaient désormais opérationnelles, « permettant ainsi le déploiement de services gouvernementaux ».

Il s’agit, selon lui, d’un « événement majeur qui témoigne des progrès d'IRIS² et de la valeur du modèle de partenariat public-privé » avec l'utilisation des satellites existants des partenaires privés.

Le commissaire s’est dit convaincu qu’il sera possible de déployer les premiers services d’IRIS² d’ici 2029. L’objectif initial était 2030. Une source européenne a cependant mis en garde contre la concurrence entre Européens, alors que plusieurs États membres envisagent de lancer également des programmes nationaux du type IRIS². « En Europe, c’est une folie de lancer plusieurs programmes concurrents, cela n’a pas de sens », a-t-elle prévenu.

Bouclier spatial. Au-delà des progrès concrets dans l’espace, M. Kubilius a annoncé qu’il présenterait, dans le courant de l’année, le ‘Bouclier spatial européen’, une des quatre initiatives phares pour la sécurité de l’UE. « Ce plan prévoit la mise en commun et le partage des capacités nationales, en complément des capacités européennes dédiées », notamment GOVSATCOM et IRIS², a-t-il précisé. « Le Bouclier spatial protégera également l'espace contre les interférences radioélectriques. Et avec le système européen indépendant de surveillance et de suivi de l'espace (EU SST). Actuellement, dans ce domaine, nous dépendons des États-Unis », a expliqué M. Kubilius, précisant que les États membres de l’UE doivent demander l'autorisation de partager des données sur les menaces.

Dans ce cadre, le commissaire a plaidé pour un partenariat de commandements spatiaux, « un cadre de coopération, un ‘commandement spatial européen virtuel’ ». Selon lui, « en cas de crise ou de guerre, les commandements spatiaux nationaux peuvent rapidement mobiliser des moyens spatiaux pour la défense nationale. Mais il n'existe aucun processus pour mobiliser les moyens européens pour notre défense commune ».

Avancer sur le ‘Space Act’. Autre sujet sur la table : la législation européenne sur l’espace, le ‘Space Act’, présentée en juin dernier par la Commission européenne et qui fait l’objet de nombreuses interrogations de la part d’États membres et d’acteurs du secteur (EUROPE 13769/20).

Présent à la conférence, le ministre adjoint pour la Recherche, l’Innovation et la Politique numérique, Nicodemos Damianou, a promis qu’une des priorités de la Présidence chypriote du Conseil de l’UE serait de travailler sur le 'Space Act' (EUROPE 13781/11). « Le texte de compromis que la Présidence danoise du Conseil de l’UE a proposé constitue une base constructive solide », a expliqué le ministre, rappelant que cette législation était « la première tentative de créer un cadre réglementaire unifié pour le marché unique spatial ». « L'Europe a besoin de règles qui facilitent, et non qui entravent. (...) Notre objectif est de mettre en place un cadre qui harmonise le marché intérieur sans imposer de barrières administratives qui étouffent nos PME, nos start-up et nos entreprises en forte croissance. Nous souhaitons une législation spatiale qui garantisse la sécurité juridique des opérateurs, facilite les activités transfrontalières », a-t-il ajouté.

Interrogé par Agence Europe, Philippe Baptiste a estimé que le projet méritait encore d’être simplifié. « On a besoin probablement de simplifier un peu pour avoir un cadre uniforme, qu’il y ait la même chance pour les uns et les autres, et pas de ‘backdoor’ pour avoir des acteurs non européens qui opèrent en Europe sans qu'ils aient les contraintes qu’ont les acteurs européens », a-t-il expliqué.

Le directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), Joseph Aschbacher, a estimé que si les craintes de duplication étaient légitimes, « la législation spatiale de l’UE a le potentiel de clarifier les rôles, d’éviter les chevauchements inutiles et de limiter la bureaucratie ».

Financement de l’espace. L’année 2026 sera aussi marquée par les négociations du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE. La Commission européenne propose une enveloppe de 131 milliards d’euros pour la défense et l’espace pour 2028-2034. Selon M. Aschbacher, « il est approprié qu'au moins la moitié de cette somme soit consacrée au secteur spatial ». Le directeur général de l'ESA a rappelé que, sur les 22,3 milliards d'euros de budget de l'Agence décidé en novembre dernier, « 9,4 milliards sont destinés à la préparation des activités futures avec la Commission européenne ». « Le Conseil ministériel de l'ESA a donné le ton en soulignant clairement la valeur concrète de l'espace pour relever les défis stratégiques et sociétaux de l'Europe », a-t-il ajouté, alors que, pour la première fois, les États membres de l’ESA ont comblé les demandes de budget de l’Agence. 

Andrius Kubilius a estimé que l’UE devait avancer dans les lanceurs, notamment des lanceurs qui puissent être réutilisés. « C’est pourquoi nous avons fait du lancement une priorité absolue pour le prochain CFP », a-t-il expliqué. À ce propos, Yohann Leroy, PDG de Maiaspace, un des concurrents présélectionnés dans le cadre du 'Concours lanceur européen' (European Launcher Challenge - ELC), a expliqué à Agence Europe que le premier essai de son lanceur réutilisable, qui pourra transporter des satellites jusqu’à 4 tonnes en orbite basse, sera effectué d’ici fin 2026, depuis Kourou (EUROPE 13675/27).

Rendez-vous spatial international. Enfin, le ministre français est revenu sur le sommet spatial international qui se tiendra à Paris dans la première quinzaine de juillet (EUROPE 13751/24). « Nous espérons réunir tous les acteurs du secteur spatial du monde entier, et il semble que ce sera le cas », a-t-il expliqué, précisant que les États-Unis et la Chine avaient confirmé leur participation.

Les programmes scientifiques, les questions réglementaires, notamment du trafic spatial, les questions relatives aux fréquences et à leur gestion actuelle de l’espace, tout comme les questions de sécurité et de défense, devraient être abordées lors de ce sommet. « Nous aurons également un chapitre consacré à l'Europe, à son fonctionnement actuel et aux pistes d'amélioration pour l'avenir », a conclu Philippe Baptiste. (Camille-Cerise Gessant)

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