Les ministres européens de l'Agriculture se sont montrés partagés, lundi 26 janvier, sur le projet de règlement délégué relatif aux normes de commercialisation de la viande de volaille (EUROPE 13724/10).
L’Allemagne a estimé que les règles actuelles étaient dépassées, notamment s'agissant de la teneur maximale en eau et l’étiquetage des modes d’élevage. Le ministre allemand a demandé davantage de flexibilité pour valoriser les volailles élevées en plein air et une révision des seuils de teneur en eau. Plusieurs États membres - dont les Pays-Bas, le Danemark, l’Autriche, la Finlande, la Pologne, la Croatie et la République tchèque - ont appuyé ces propositions, soulignant la nécessité d’adapter les normes aux pratiques d’élevage modernes et au bien-être animal.
En revanche, la France et l’Italie se sont opposées à toute réouverture des négociations. Annie Genevard, la ministre française, a jugé le texte équilibré et suffisant, rappelant que les réglementations nationales permettent déjà un étiquetage spécifique des modes d’élevage. La délégation italienne a mis en garde contre des distorsions du marché et des difficultés de contrôle pouvant résulter de modifications trop rapides ou mal calibrées.
La Commission européenne a rappelé que le projet actuel représente un compromis issu de longues discussions. Elle s’est dite prête à envisager une révision des seuils de teneur en eau uniquement sur base de données scientifiques robustes, en lien avec un projet pilote du Centre commun de recherche (JRC) visant à collecter un échantillonnage représentatif de la viande de poulet. (Lionel Changeur)