Deux ans après avoir fait à Bruxelles la promesse d'un nouveau départ dans leurs relations bilatérales (EUROPE 13225/1), les dirigeants des pays de l'Union européenne, d'Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) sont conviés à approfondir leur partenariat, dimanche 9 novembre, dans la cité balnéaire colombienne de Santa Marta. Dans un contexte marqué par l'incertitude politique et les tensions commerciales, les Européens en font un « impératif », a estimé un diplomate européen lundi 3 novembre.
Alors que de nombreux dirigeants se sont rassemblés dans l'Amazonie brésilienne au chevet de l'action climatique, le niveau de participation au sommet UE/CELAC sera moindre. Hormis la présence des dirigeants brésilien et espagnol, ne feront pas le déplacement, côté latino-américain, les dirigeants mexicain, argentin, chilien ni, côté européen, le président français, le chancelier allemand ainsi que la présidente du Conseil italien.
Faisant valoir cette faible participation, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, n'assumera pas sa responsabilité institutionnelle de représenter les Vingt-sept aux côtés du président du Conseil européen, António Costa. La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, représentera donc la Commission européenne à Santa Marta.
À l'issue de deux sessions de discussions, les dirigeants adopteront une déclaration conjointe qui détaillera les éléments essentiels de leur partenariat : la défense d'un système multilatéral basé sur des règles, la lutte contre les dérèglements climatiques, le renforcement des investissements et des échanges commerciaux.
Alors qu'en juillet 2023, l'adoption d'un langage commun visant à condamner l'agression russe de l'Ukraine avait crispé certaines délégations, ce diplomate européen a constaté « plus de maturité » lors des discussions préparatoires sur le respect de la Charte de l'ONU.
Sanctionné par les États-Unis, le président colombien, Gustavo Petro, souhaite aborder les tensions renouvelées avec son homologue américain, Donald Trump, après que celui-ci a envoyé des navires militaires patrouiller dans la mer des Caraïbes et fait détruire des embarcations attribuées à des narcotrafiquants.
Côté européen, la situation est suivie de près. « Nous partageons l'objectif de démanteler les réseaux criminels » et « l'UE est prête à coopérer avec les pays de la CELAC et les États-Unis pour combattre cette menace dans le respect du droit international et de la souveraineté territoriale », a commenté un deuxième diplomate européen.
Les dirigeants européens, latino-américains et caribéens adopteront d'ailleurs une deuxième déclaration sur la sécurité des citoyens face à la criminalité organisée. Il s'agit d'un « thème prioritaire » de part et d'autre de l'océan Atlantique, a noté ce deuxième diplomate, pour qui la déclaration abordera les questions de sécurité, de justice et des flux financiers générés par la criminalité organisée.
Un deuxième document, intitulé 'Pact on care', abordera des thématiques plus sociales qui intéressent les citoyens des deux rives.
Sur le plan commercial, l'UE et la CELAC réaffirmeront l'importance de saisir les opportunités commerciales qui profitent aux deux régions. Alors que les États-Unis jouent au bras de fer en imposant des tarifs douaniers tous azimuts, les Européens se présentent en tant que partenaires prévisibles et fiables. Et face à une Chine surtout intéressée par les matières premières agricoles ou minières, ils mettent en avant des partenariats capables de produire de la valeur ajoutée en Amérique latine et qui bénéficient aux populations locales.
Début septembre, la Commission européenne a transmis au Conseil de l'UE le texte des accords de libre-échange entre l'UE et le Mercosur (EUROPE 13701/1 - et voir autre nouvelle), ainsi que le Mexique (EUROPE 13701/3). (Mathieu Bion)