Les eurodéputés de la commission des droits des femmes (FEMM) du Parlement européen ont tenu, mercredi 5 novembre, une audition publique consacrée au « Rôle moteur des femmes en politique », à l’occasion de la Semaine de l’égalité des genres (du 3 au 9 novembre).
En préambule des discussions, la Présidente du Parlement européen, Roberta Metsola (PPE, maltaise), a affirmé que « l'Union européenne (avait) besoin de plus de courage, un courage collectif », pour combattre et lever les entraves à l’engagement politique des femmes.
Elle s’est néanmoins réjouie d’une percée relative du plafond de verre, saluant la progression de la représentation féminine dans l'hémicycle. Aujourd'hui proche de 40%, elle n’était que de 17% lors des premières élections en 1979, a noté la Présidente, qui a toutefois regretté que « trop de femmes (fussent) laissées sur le banc de touche », car il était plus « difficile » pour elles « d'entrer en politique ».
Les eurodéputés et les expertes invitées se sont accordés sur la nécessaire mise en œuvre de mesures pour encadrer une vie politique plus inclusive. Services de garde, sécurité en ligne, vote par procuration pour les élues en congé (EUROPE 13746/24), mentorat et formations ont ainsi figuré parmi les recommandations tandis que plusieurs interventions ont dénoncé des avancées encore fragiles et inégales, selon le niveau de pouvoir.
L’ancienne directrice du National Women’s Council of Ireland, Orla O’Connor, a rappelé l’importance des alliances entre élues et société civile pour avancer. Et d’affirmer qu’« une meilleure égalité hommes/femmes est quelque chose de bon pour la démocratie ».
La chercheuse néerlandaise Zahra Runderkamp, de l’alliance politique 'Stem op een Vrouw' (vote pour une femme), a rapporté que, lors des dernières législatives aux Pays-Bas, « cette campagne de vote stratégique a permis à cinq femmes de plus d'être élues », malgré le fait que de nombreuses femmes doivent quitter la politique en cours de parcours.
La psychiatre et psychothérapeute Maja Herman a défendu une culture du leadership qui tiendrait compte de l’intelligence émotionnelle. Aussi, la reconnaissance des réalités physiologiques comme une prise en charge médicale et des aménagements adaptés peuvent, selon elle, éviter à certaines femmes de quitter prématurément la vie publique.
Reprenant ces demandes, la fondatrice de l'Institut LEADERIS, l'entrepreneure Joanna Burnos, a exhorté à une « 'feuille de route' européenne pour le leadership des femmes en politique ». (Nithya Paquiry)