Fotini Ioannidou, directrice générale adjointe du transport maritime au sein de la Commission européenne, a exposé l’échec du vote sur le cadre ‘zéro émission nette’ de l'Organisation maritime internationale (OMI) des Nations unies, mercredi 5 novembre, devant la commission des transports et du tourisme (TRAN) du Parlement européen.
En effet, les États membres de l’OMI n'ont pas adopté, vendredi 17 octobre, l’accord trouvé en avril visant réduire à zéro les émissions de gaz à effet de serre (GES) du transport maritime d'ici 2050 (EUROPE 13733/27). Mme Ioannidou a expliqué que dès le mois d'avril, plusieurs délégations, notamment celles des États du Golfe, menées par l'Arabie saoudite, ont tenté de bloquer le consensus, tandis que les États-Unis ont exprimé leur opposition tout en restant en retrait du processus.
Alors que les discussions à l'OMI tournent habituellement « autour de solutions techniques et spécifiques à chaque secteur », « des considérations plus larges, notamment les relations commerciales, la sécurité énergétique, l'approvisionnement alimentaire et des intérêts géopolitiques plus généraux, ont éclipsé l'esprit de coopération habituel ». « Cette évolution met à l'épreuve le modèle établi de prise de décision consensuelle de l'OMI et soulève des questions sur l'évolution de la gouvernance climatique mondiale dans un environnement plus polarisé », a-t-elle indiqué.
Elle a souligné également que les États membres de l'UE ont voté contre le report de ce cadre, à l'exception de la Grèce et de Chypre, qui se sont abstenues, et de l'Autriche, de la Hongrie et de la Slovaquie, qui étaient absentes. « Il est clair que lorsque l'UE agit sur la scène multilatérale, elle doit agir de manière unie pour être efficace », a-t-elle estimé.
Elle a insisté aussi sur le fait que ce report du cadre de l'OMI n'affecte pas la mise en œuvre des règles existantes de l'UE. Face aux nombreuses interrogations des eurodéputés concernant le risque de perte de compétitivité de l’UE, Mme Ioannidou a répondu que l’UE devait trouver des moyens de concilier ses objectifs climatiques et ses objectifs de compétitivité. « C'est une priorité pour cette Commission », a-t-elle souligné. (Anne Damiani)