Les pays de l'Union européenne participant aux travaux du 'Competitiveness Lab' ont chargé leurs experts, jeudi 9 octobre à Luxembourg, de travailler sur un projet de plateforme qui faciliterait la titrisation de produits financiers.
L'objectif est de « standardiser » les processus pour en « réduire les coûts », d'accroître la disponibilité de cette technique financière, en particulier pour les PME, et d'explorer la possibilité d'avoir une démarche « paneuropéenne », a déclaré le ministre espagnol des Finances, Carlos Cuerpo, en réponse à une question d'Agence Europe. Des propositions concrètes sont attendues au premier trimestre 2026.
Hôte de la réunion ayant réuni les représentants d'une vingtaine d'États membres, son homologue luxembourgeois, Gilles Roth, a qualifié de « complément précieux » la proposition législative visant à revitaliser le marché européen de la titrisation, pour laquelle la Présidence danoise du Conseil de l'UE ambitionne de parvenir à un accord politique d'ici la fin 2025 (EUROPE 13716/18).
Promue par l'Espagne, l'initiative 'Competitiveness Lab' réunit les pays qui le souhaitent en vue de former des avant-gardes sur des projets d'intégration des marchés de capitaux et d'approfondissement du marché intérieur (EUROPE 13726/24).
Le laboratoire peut canaliser des initiatives qui ne sont pas mûres à vingt-sept, a indiqué M. Cuerpo. Si l'on démontre que certains projets fonctionnent, nous les mettrons à disposition de la Commission européenne, a-t-il ajouté. Il a évoqué le lancement par plusieurs pays, en juin, du label 'Finance Europe' pour les produits d'épargne d'une maturité supérieure à cinq ans et dont plus de 70% des montants levés sont fléchés vers des projets dans l'Espace économique européen (EUROPE 13654/20).
Là encore, M. Roth a considéré comme « complémentaires » les travaux sur le label 'Finance Europe', auxquels participe le Luxembourg, et la récente recommandation de la Commission énonçant un modèle européen de compte d'épargne et d'investissement (EUROPE 13720/5).
Interrogé sur la position de son pays concernant une possible supervision d'acteurs financiers au niveau européen, le ministre luxembourgeois a prôné une « approche différente » qui favorise la convergence des règles plutôt qu'une « centralisation coûteuse » de la supervision financière. Cela affaiblirait la compétitivité, a-t-il même estimé.
Les autorités de marché autrichienne, française et italienne ont récemment recommandé que l'autorité européenne ESMA supervise les principaux prestataires sur le marché des cryptoactifs, à l'image du système de supervision unique pour les grandes banques européennes au sein de l'union bancaire (EUROPE 13714/13). (Mathieu Bion)