L'ensemble des petits États membres de l'Union européenne se sont inquiétés de la distribution géographique du futur Fonds européen de compétitivité (FEC), lors d'un échange entre les ministres de l'Industrie de l'UE, lundi 29 septembre. « Nous ne pouvons pas diviser l'Europe entre ceux qui ont et ceux qui n'ont pas. Nous ne pouvons pas permettre un développement à deux, trois ou quatre vitesses », a résumé le ministre letton de l'Économie, Jurģis Miezainis, à son arrivée au Conseil.
Que ce soit Malte, la Slovaquie, l'Estonie, la Croatie ou encore - plus grands - la Pologne ou la Roumanie, ces différents pays craignent que les financements du futur FEC aillent tout droit vers les multinationales établies dans les grands pays membres à la base industrielle développée.
« Nous n'avons pas de grande multinationale », a insisté le Maltais Silvio Schembri. Et de poursuivre : « Il nous faut donc un fonds pour préfinancer ce type de produits, qui aiderait grandement en liquidités, car le capital à investir est généralement très important ».
Pour tous ces pays, il s'agit non seulement de quadriller leur territoire, mais aussi de ne pas oublier les PME. Celles-ci sont moins dotées en ressources pour appréhender les différents projets de financement.
De manière unanime, les délégations ont insisté sur l'accès aux financements du FEC, qui doit être le plus simple possible. « Les PME ne doivent pas être noyées sous la paperasse », a souligné le secrétaire d'État croate, Goran Romek.
C'est justement sur ce point que la Commission peut travailler, selon le commissaire européen à la Prospérité et Stratégie industrielle, Stéphane Séjourné. La simplicité de fonctionnement et d'accès au FEC, ainsi qu'un accompagnement des entreprises dans chaque État membre garantiront une distribution équitable sur le territoire européen, a expliqué le commissaire à Agence Europe. « Une autre méthode aurait consisté à établir des critères, mais cela veut dire de la bureaucratie », a-t-il ajouté.
L'accent sur l'excellence. Au cours de cette première discussion sur le FEC, la plupart des pays membres ont par ailleurs souligné le besoin, selon eux, de soutenir « l'excellence » en matière de projets industriels. Il s'agira ainsi, d'après eux, d'une manière pour l'UE d'être incontournable sur la scène mondiale pour des technologies d'avenir. (Léa Marchal)