Au sommet climat - convoqué à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, par son secrétaire général, António Guterres -, l’Union européenne a rappelé son ambition de rester un acteur international de premier ordre, mercredi 24 septembre.
Si les États membres ne sont pas encore parvenus à finaliser une 'Contribution déterminée au niveau national' ('NDC') pour 2035, il s’agissait de convaincre que l’UE n’arrivait pas pour autant « les mains vides » à cet événement organisé moins de deux mois avant la COP30 de Belém (Brésil), en présence de son futur hôte, le président Luiz Inácio Lula Da Silva.
« L'Europe maintiendra le cap ». « L'Europe maintiendra le cap sur ses ambitions climatiques », a assuré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, face aux dirigeants venus du monde entier. Aussi a-t-elle rappelé que les émissions européennes avaient déjà diminué de près de 40% depuis 1990 et qu’elles ne représentent plus que 6% du total mondial.
Ainsi que l’a exposé Ursula von der Leyen, l’UE est « en bonne voie » pour atteindre sa cible de -55% en 2030.
Surtout, la présidente de la Commission a bien rappelé que l’Union européenne n’avait pas entièrement échoué à respecter l’échéance de la fin septembre pour présenter sa NDC définitive, puisque les États membres sont parvenus, lors du Conseil 'Environnement' du 18 septembre, à une fourchette de réduction comprise entre 66,25 et 72,5% en 2035. Cette 'déclaration d’intention' servira de base à la contribution européenne (NDC) qui devrait être présentée avant la COP30, ainsi que l’avait affirmé le ministre danois du Climat, Lars Aagaard.
De plus, Ursula von der Leyen a déclaré que l’UE travaillait sur l’objectif climatique intermédiaire d'une réduction de 90% des émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici 2040 par rapport à 1990, présenté en juillet dernier et dont devrait découler la NDC européenne pour 2035.
« Le monde peut compter sur le maintien du leadership de l'UE en matière de climat», a-t-elle insisté.
Une « extrême urgence ». Selon une note préparatoire du Conseil de l’UE, en amont du rendez-vous de Belém, si la déclaration à laquelle est parvenu le Conseil ‘Environnement’ du 18 septembre (EUROPE 13712/2) a permis à l’UE d’avancer des engagements, il y a tout de même une « extrême urgence » à accélérer la réduction des émissions pour maintenir l’objectif de 1,5°C « encore à portée ». Le document appelle également à une sortie progressive des combustibles fossiles.
Les conclusions appellent à un triplement des capacités mondiales d’énergies renouvelables et au doublement de l’efficacité énergétique d’ici 2030, à la suppression progressive des subventions aux énergies fossiles qui ne visent pas la 'transition juste', à un système énergétique mondial « majoritairement décarboné » dès les années 2030, ainsi qu'à la préservation des écosystèmes, par engagement, notamment, à mettre fin et à inverser le mouvement de déforestation d’ici 2030.
Des objectifs que l’UE souhaite défendre à Belém pour encourager les grands émetteurs.
La Chine réduira de 7 à 10% ses émissions nettes d’ici 2035. Néanmoins, on rappellera qu’à la rencontre du 24 septembre, la Chine, premier émetteur mondial, a promis une réduction de 7 à 10% de ses émissions nettes d’ici 2035 et une multiplication par six de ses capacités éoliennes et solaires par rapport à 2020.
Le Brésil a confirmé son objectif de mettre fin à la déforestation en 2030 et de réduire ses émissions de 59 à 67% d’ici 2035.
Aussi, des « pays vulnérables » comme le Belize ont rappelé que l’objectif de 1,5°C est « un seuil entre l’espoir et les difficultés ». Son Premier ministre, Johnny Briceño, a promis 80% d’électricité renouvelable d’ici 2035, mais il appelle à des financements « prévisibles et accrus » ainsi qu’à de véritables partenariats pour concrétiser ces ambitions.
Un terrain sur lequel l’Union européenne compte agir, comme le souligne le projet de conclusions du Conseil, qui appelle à un accord mondial « crédible », fondé sur les résultats du premier bilan mondial de l’Accord de Paris et réaffirme, pour y parvenir, « l'engagement de l'UE à collaborer avec toutes les parties (...) afin de renforcer le soutien et la coopération pour répondre aux pertes et dommages liés au changement climatique », et soutient l’adaptation et la mise en œuvre du fonds 'pertes et dommages'.
À New York, Ursula von der Leyen a rappelé que l’UE entend rester le premier fournisseur mondial de financements pour le climat, en mobilisant jusqu’à 300 milliards d’euros avec l'initiative Global Gateway.
Le projet de conclusions du Conseil : https://aeur.eu/f/imb (Nithya Paquiry)