La commission des transports et du tourisme (TRAN) et la commission ‘sécurité et défense’ (SEDE) du Parlement européen ont examiné le projet de rapport d'initiative sur la mobilité militaire, lundi 1er septembre. Elles se sont montrées favorables à la suppression des obstacles à la mobilité militaire, afin d’évoluer vers un ‘espace Schengen militaire’.
Elaboré par les députés Petras Auštrevičius (Renew Europe, lituanien) et Roberts Zīle (CRE, letton), ce rapport intervient alors que la Commission européenne travaille actuellement sur un paquet de mesures qui sera présenté d'ici la fin de l'année. Cet ‘espace Schengen militaire’ consiste à supprimer l’ensemble des obstacles existants à la mobilité militaire, grâce à la rationalisation des règles et procédures nationales.
Pour Dariusz Joński (PPE, polonais), il faut accorder une attention particulière à « l'harmonisation des procédures, à l'accélération du processus décisionnel et au développement d'infrastructures à double usage, en particulier sur le flanc oriental ». De même, Mārtiņš Staķis (Les Verts/ALE, letton) a estimé que les décideurs politiques devraient se concentrer sur « les mesures les plus faciles à mettre en œuvre, en supprimant les obstacles qui entravent encore les mouvements militaires à travers les frontières ». « Ces réformes ne nécessitent pas des milliards, mais une volonté politique et une coopération ».
Alberico Gambino (CRE, italien) a suggéré que cette coordination adéquate se fasse notamment via le Programme européen pour l'industrie de la défense (EDIP) et le 'Mécanisme pour l’interconnexion en Europe' (MIE - CEF en anglais).
Autre inquiétude des députés : le budget qui sera alloué à la mobilité militaire. Ils ont salué la proposition de nouveau cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034 d’augmenter le budget dédié au transport et à la mobilité militaire, présentée en juillet (EUROPE 13683/3). Ils craignent cependant que le Conseil européen le réduise, alors que des investissements conséquents sont nécessaires, notamment dans des infrastructures à double usage. « Nous ne savons pas quel sera le montant final, mais j'espère que les dirigeants des États membres seront plus sérieux cette fois-ci et ne supprimeront pas la proposition de la Commission de ce montant de 17,5 milliards d'euros dans le CFP pour 2028-2034, voire l'augmenteront dans le meilleur des cas », a souligné M. Zīle.
De leur côté, les représentants de la Commission ont soutenu la démarche des députés. Ils ont assuré que tous ces points seront pris en compte.
Lire le projet de rapport : https://aeur.eu/f/i8m (Anne Damiani)