login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13673
PRÉSIDENCE DANOISE DU CONSEIL DE L'UE / Ukraine

Mette Frederiksen qualifie de « sérieux revers » la fin annoncée de la fourniture d’équipements militaires à l’Ukraine par les Américains

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a estimé, jeudi 3 juillet, que si les États-Unis arrêtent de fournir ce dont l’Ukraine a besoin en termes d’équipements militaires, « cela constituera un sérieux revers pour l'Ukraine, l’Europe et l’OTAN ». Et « s'il y a un vide, je pense que nous devons le combler », a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Quelques minutes plus tard, la Première ministre danoise et la présidente de la Commission ont retrouvé le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et le président du Conseil européen, António Costa. M. Zelensky a dit compter sur le maintien du soutien des États-Unis, rappelant que les Européens ne pouvaient pas fournir à son pays certains équipements, tels que des systèmes anti-missiles Patriot. Alors que les présidents russe, Vladimir Poutine, et américain, Donald Trump, devaient s'appeler ce jeudi, il a précisé qu'il devrait s'entretenir avec M. Trump dans les prochains jours.

Au-delà de la question de l’armement américain, Mme Frederiksen a estimé qu’il fallait renforcer le soutien à l’Ukraine, qui « se bat pour nous tous », appelant à cesser de considérer le soutien européen à Kiev comme « un don ou un cadeau ». En attendant un cessez-le-feu et un accord de paix, « nous, Européens, devons fournir ce qui est nécessaire sur le champ de bataille », notamment des armes et des systèmes de défense aérienne, a souligné Mme Frederiksen.

La Première ministre est même allée plus loin : « Au lieu de penser à la livraison d'armes à l'Ukraine, comme à un pays, nous devons le considérer comme à une partie intégrante de notre armée. Car actuellement, c'est l'armée ukrainienne qui protège l'Europe », a-t-elle considéré. Et d’ajouter : « Apporter des armes ou tout autre système à l'Ukraine fait partie intégrante de la défense de l'Europe et de tous les autres ».

Renforcer le soutien à l'industrie de la défense ukrainienne. Alors que le président Zelensky a appelé à un financement accru de l'industrie de la défense de son pays, Mme von der Leyen a encouragé les États membres de l’UE à utiliser l’argent disponible à travers le programme d'investissement 'SAFE' de 150 milliards d'euros pour les achats communs pour « acheter du matériel militaire et le donner à l'Ukraine, ou l'investir dans l'industrie de défense ukrainienne, extrêmement performante ».

Mme Frederiksen a aussi mis en avant le modèle danois, qui soutient l’industrie ukrainienne. « Cela fonctionne très bien. Ils produisent plus vite, mieux et moins cher que nous », a-t-elle expliqué, appelant d'autres pays européens à trouver des financements et à augmenter la production en Ukraine. Elle a expliqué que son pays étudiait la possibilité de soutenir la production ukrainienne dans d’autres pays européens, comme cela sera le cas au Danemark (EUROPE 13672/20).

Mmes Frederiksen et von der Leyen, tout comme MM. Costa et Zelensky, ont plaidé pour accentuer la pression sur la Russie, alors que les États membres discutent toujours du 18e paquet de sanctions européennes (EUROPE 13669/16). « L'UE doit affaiblir davantage l'économie russe. Nous devons renforcer les sanctions, stopper les importations de gaz russe et cibler la 'flotte fantôme' russe », a souligné Mme Frederiksen, qui a qualifié les sanctions de « cruciales ».

« Ce fut une révélation d'entendre le ministre russe du Développement économique déclarer que la Russie était au bord de la récession. Le taux d'intérêt est à 20%, l'inflation à 10%, et l'économie de guerre russe, surchauffée, atteint ses limites. Il est donc important pour nous d'accroître la pression pour que la Russie vienne à la table des négociations », a souligné Mme von der Leyen.

Adhésion à l'UE. La Première ministre danoise a également réitéré le soutien de son pays à l’adhésion de l’Ukraine à l’UE. « L'Ukraine fait partie de notre famille européenne. Elle ne serait pas complète sans sa présence », a-t-elle prévenu, alors que Budapest bloque l’ouverture du premier ensemble ('cluster') de chapitres de négociations d’adhésion (EUROPE 13673/2). Se disant également favorable à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN - ce qui n’est, selon elle, pas le cas de tous les Alliés -, Mme Frederiksen a estimé qu’il était « d'autant plus important de veiller à ce que l’Ukraine soit, comme elle le devrait, membre de l'Union européenne ».

De son côté, M. Zelensky a prévenu que « personne ne pouvait arrêter l'Ukraine » sur la voie la menant vers l'UE.

Défense de l'UE. Lors de leur conférence de presse, la Première ministre danoise et la présidente de la Commission européenne ont rappelé que la défense était une priorité. Mme von der Leyen a précisé que la Présidence danoise du Conseil de l’UE devra s’assurer de la mise en œuvre du programme 'SAFE'. D’ici fin juillet, les États membres doivent faire part de leur intérêt à participer (EUROPE 13670/20), chose que le Danemark n’entend pas faire.

La Commission espère aussi finaliser, sous Présidence danoise du Conseil, la participation des « alliés proches » à l'instrument 'SAFE', comme le Royaume-Uni et le Canada. (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

PRÉSIDENCE DANOISE DU CONSEIL DE L'UE
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES