La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, a plaidé, mardi 17 juin, à l’issue d’un Conseil informel des Affaires étrangères par visioconférence, pour une fin au conflit entre Israël et l’Iran au moyen de la diplomatie. Les frappes entre les deux pays, qui durent depuis cinq jours, auraient déjà fait au moins 224 morts et plus d'un millier de blessés en Iran et au moins 24 morts en Israël.
Soulignant le risque d’un conflit plus large dans la région, la Haute Représentante a expliqué que les ministres avaient appelé toutes les parties « à respecter le droit international, à faire preuve de retenue et à éviter toute action susceptible d'échapper à tout contrôle ».
« Nous sommes tous convenus de l'urgence d'une désescalade », a-t-elle souligné, expliquant avoir reçu le soutien des ministres pour l’implication de l’UE, et la sienne, dans les efforts d’apaisement. Selon Mme Kallas, les ministres ont discuté des mesures qu’ils pourraient prendre pour contribuer concrètement à l’apaisement, sans pour autant donner des détails.
Mme Kallas a expliqué que l’UE était en contact avec l’Iran et Israël et avec les partenaires régionaux afin de parvenir à une véritable désescalade, « car la stabilité de la région est l’intérêt de tous ». « Les canaux (de communication) sont ouverts et nous militons constamment pour que cette guerre cesse, car les risques d'escalade et de débordement sont considérables. Il existe également des risques d'erreur de calcul qui aggraveraient encore le conflit », a prévenu la Haute Représentante.
Interrogée sur une possible médiation de la Russie, Mme Kallas a expliqué que « le président Poutine n'est pas quelqu'un qui peut parler de paix. (…) Il n'est pas un médiateur vraiment envisageable ». Par ailleurs, elle a dénoncé l’attaque russe sur Kiev la nuit précédente, qui a fait au moins 14 morts.
La réunion des ministres a également été l’occasion de discuter des mesures prises par l’UE pour faire face à la crise, avec l’activation des mécanismes de protection civile et l’aide aux États membres pour évacuer leurs citoyens qui souhaitent quitter les deux pays belligérants. La République tchèque et la Slovaquie ont annoncé, mardi, avoir évacué 139 de leurs ressortissants d'Israël. « Parallèlement, nous sommes prêts à déployer des experts en protection civile et notre opération navale Aspides continue de protéger les navires marchands des attaques malveillantes, tout en fournissant une précieuse connaissance de la situation », a expliqué la Haute Représentante.
Revenant sur l’accélération du programme nucléaire iranien, Mme Kallas a expliqué que « la solution diplomatique est la meilleure solution pour résoudre le problème du programme nucléaire iranien à long terme, et l'Europe est prête à y contribuer ». « L'Iran ne peut pas se doter de la bombe nucléaire et la diplomatie est la solution pour l'empêcher », a-t-elle insisté. L’UE avait assuré la médiation pour l’accord sur le nucléaire iranien signé en 2015, dénoncé par le président américain, Donald Trump, en 2018.
Surveillance des marchés de l'énergie. Enfin, les ministres ont discuté de l'impact de la crise sur les marchés mondiaux de l'énergie. Interrogée sur le plafonnement du prix du pétrole russe, la Haute Représentante a souhaité que ce plafond soit abaissé, estimant qu’il ne faudrait pas se retrouver dans une configuration où la situation au Moyen-Orient entraînerait une hausse des prix du pétrole et permettrait à la Russie de gagner plus d’argent.
Plus tôt dans la journée, dans une déclaration commune, les dirigeants des pays du G7 disaient rester vigilants quant aux implications pour les marchés internationaux de l'énergie et se tenaient prêts à coordonner leurs efforts, notamment avec des partenaires partageant les mêmes valeurs, afin de préserver la stabilité des marchés.
Ils ont aussi, dans leur communiqué, réaffirmé le droit d’Israël à se défendre et leur soutien à sa sécurité, expliquant que l’Iran était la « principale source d’instabilité et de terrorisme dans la région ». Ils ont rappelé avoir « toujours clairement indiqué » que l'Iran ne pourra « jamais » se doter de l'arme nucléaire.
Les dirigeants du G7 ont également demandé que la résolution de la crise iranienne conduise à une désescalade plus large des hostilités au Moyen-Orient, y compris à un cessez-le-feu à Gaza.
Voir la déclaration des pays du G7: https://aeur.eu/f/hdr (Camille-Cerise Gessant)