L’envoyé spécial des États-Unis pour l’Ukraine et la Russie, Keith Kellogg, a exprimé, jeudi 12 juin, son optimisme après avoir pris connaissance des visions de Kiev et de Moscou pour mettre fin à la guerre d'agression russe de l'Ukraine.
Expliquant avoir reçu les positions des deux parties ('term sheets'), il a précisé qu’une « situation finale » ('end state') était possible. « Nous les avons mises ensemble et nous nous sommes demandé : 'Ok, comment fusionner ces deux documents pour parvenir à un aboutissement ?' Nous sommes assez confiants. Nous savons à quoi cela pourrait et devrait ressembler », a-t-il expliqué au 'GMF Forum' à Bruxelles. Selon lui, il est possible de gagner. « Gagner signifie que nous pouvons parvenir à un accord de paix », a-t-il précisé.
« Lorsque nous parlons de ce 'term sheet', nous parlons d'un cessez-le-feu global : air, terre, mer, infrastructures », a précisé l’envoyé spécial. Il a plaidé pour un cessez-le-feu sur place, « ce qui signifie que le terrain sur lequel vous vous trouvez physiquement est le vôtre maintenant. (...) Est-ce que cela signifie de jure ou de facto ? Par la loi ou par le simple fait que vous êtes physiquement sur le terrain, et que vos soldats sont là pour tenir ce terrain ? »
Selon M. Kellogg, depuis le début du conflit, 1,2 million de soldats, russes ou ukrainiens, ont été tués ou blessés.
Une fois atteint un cessez-le-feu, l’envoyé a expliqué que les États-Unis voulaient le retour des enfants ukrainiens – ils seraient plus de 19 000 à avoir été kidnappés - et des prisonniers. « Et puis, nous voulons que les Russes réintègrent ce que j'appellerais la Société des Nations », a-t-il ajouté, refusant qu’une guerre reprenne dans « trois, quatre ou cinq ans ».
Lors du panel de discussion suivant, en présence de M. Kellogg, le ministre délégué chargé de l'Europe français, Benjamin Haddad, a rappelé que, « malgré les efforts considérables des États-Unis et des Européens, nous constatons qu'un pays refuse toujours de négocier de bonne foi, refuse toujours toute diplomatie sérieuse et poursuit l'escalade militaire, ainsi que l'escalade de la rhétorique et des exigences envers l'Ukraine. Il s'agit de la Russie de Vladimir Poutine ».
Il a plaidé pour une « une paix juste et durable, pas seulement une pause ou un cessez-le-feu que la Russie pourrait utiliser pour se regrouper, se réarmer et réattaquer ». « Notre objectif est de créer les conditions d'une cessation des hostilités, d'un cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours, car on ne négocie pas sous les bombes. Il faut créer un cadre propice à une négociation sérieuse », a ajouté M. Haddad. (Camille-Cerise Gessant)