Les commissaires européens Stéphane Séjourné et Ekaterina Zaharieva ont présenté, mercredi 28 mai, la stratégie de l'UE en faveur des 'start-ups' et des 'scale-ups'. L'objectif : soutenir la croissance des jeunes entreprises innovantes et éviter qu'elles ne partent s'installer à l'étranger.
La Commission a donc identifié les obstacles qui se dressent devant ces entreprises sur le marché intérieur et propose des actions pour les supprimer petit à petit, comme l'indiquait une version provisoire de la stratégie qu'Agence Europe avait détaillée (EUROPE 13640/10). Les problèmes rencontrés sont de l'ordre de l'accès aux financements, de la charge réglementaire, de l'accès aux marchés, aux talents et aux infrastructures.
Accès aux investissements. La Commission calcule qu'il y a, en Europe, sept fois moins de capital disponible pour les 'start-ups' et 'scale-ups' qu'aux États-Unis. Le besoin est donc urgent d'intégrer les marchés financiers européens et la tant attendue Union de l'épargne et de l'investissement jouera un rôle majeur.
Mais pour cibler plus particulièrement les entreprises innovantes, l'UE veut mettre au point, l'année prochaine, un Fonds européen pour les 'scale-ups' dans le cadre du Fonds pour l'innovation. Cela « ne peut pas attendre le prochain cadre financier pluriannuel », explique un fonctionnaire européen.
Le Fonds devra mobiliser des fonds privés et permettre des prises de participation directes dans des secteurs stratégiques. Il viendra notamment combler les trous dans les financements pour les 'scale-ups' opérant dans les technologies de pointe ('deep tech'). « Cela va changer la donne en rendant possibles les investissements directs dans l'IA, le quantique, les technologies propres et d'autres secteurs stratégiques », a félicité Ekaterina Zaharieva, commissaire européenne chargée des 'start-ups'.
La Commission souhaite aussi créer en 2026 un 'Pacte européen volontaire d'investissement dans l'innovation' à destination des grands investisseurs institutionnels qui pourraient s'engager volontairement à augmenter les montants qu'ils injectent dans le capital-risque.
Pour soutenir les investissements dans les projets de défense, la Commission indique qu'elle développera de nouveaux instruments. Cela pourrait inclure « des approches de financement plus souples et plus adaptables pour les innovateurs dans la défense, y compris d'Ukraine, comme un soutien ciblé à des entités, ou le renforcement et l'élargissement des options de financements européens déjà disponibles, y compris des instruments de capitaux propres et de dette », expliquent les auteurs de la stratégie.
Charge réglementaire. De manière désormais habituelle, la simplification des règles et des procédures fait également partie de la stratégie pour les 'start-ups' et 'scale-ups'. La Commission s'appuie sur ses récentes annonces et initiatives en la matière, comme le futur 'Acte européen pour l'innovation', qui était déjà présent dans la stratégie pour le marché unique. Ce texte, attendu pour début 2026, devrait avant tout promouvoir les 'sas réglementaires' ('regulatory sandboxes'), ces environnements contrôlés dans lesquels les entreprises peuvent tester de nouveaux produits ou services, pendant une période limitée.
Selon Mme Zaharieva, les 'sas réglementaires' « permettent aussi d'instaurer la confiance avec les autorités, d'attirer les investissements et, lorsqu'ils sont utilisés pour des projets locaux, de faire croître les communautés ».
Le lancement du portefeuille européen, du 28e régime ou encore la révision des règles sur les normes sont aussi mis en avant dans la stratégie pour les 'start-ups' et 'scale-ups'.
Des annonces sont formulées dans la partie 'accès aux talents', avec notamment l'adoption d'une stratégie en matière de visas pour attirer les étudiants, chercheurs, entrepreneurs, et les travailleurs hautement qualifiés de pays tiers (EUROPE 13640/10).
Voir la stratégie : https://aeur.eu/f/h3e (Léa Marchal)