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Bulletin Quotidien Europe N° 13650
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ACTION EXTÉRIEURE / Mer noire

La Commission européenne et Kaja Kallas énoncent des pistes pour renforcer la sécurité et le dynamisme économique dans la région

La Commission européenne a présenté, mercredi 28 mai, une nouvelle stratégie visant à accroître la coopération avec les pays tiers situés dans la région de la mer Noire (Moldavie, Ukraine, Géorgie, Turquie, Arménie et Azerbaïdjan), une région faisant face à « une pression géopolitique croissante », surtout depuis l'agression militaire russe de l'Ukraine.

Alors que la précédente initiative 'Synergie mer Noire', qui remonte à avril 2007 (EUROPE 9404/1), incluait la Russie en tant que partenaire, cette stratégie entend certes développer la coopération et les échanges entre l'UE et les pays concernés, mais également minimiser les menaces que représente la Russie pour la sécurité de la région. Elle ne prévoit aucune nouvelle enveloppe financière.

La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, a souligné « la grande importance stratégique » de la mer Noire pour les Vingt-sept, en tant que pont vers l'Asie centrale et où plusieurs États côtiers sont candidats à l'adhésion à l'UE (la Moldavie, l'Ukraine, la Géorgie, la Turquie). Mais « le potentiel régional est entaché par la guerre de la Russie », a-t-elle estimé, citant « les violations récurrentes de l'espace aérien, des zones portuaires et des voies de navigation », notamment les voies d'exportation des céréales ukrainiennes.

Afin de renforcer la sécurité maritime, la Commission européenne et le Service européen pour l'action extérieure proposent la mise sur pied d'une plateforme de sécurité maritime ('Black Sea Maritime Security Hub'). En coopération avec l'Agence européenne EMSA, ce centre, dont la localisation et les ressources financières doivent encore être déterminées, aura pour mission d'améliorer la connaissance de la situation maritime en mer Noire à travers une surveillance en temps réel du trafic et des infrastructures maritimes (installations off-shore, câbles sous-marins, production énergétique...) et d'alerter en cas de menaces potentielles et d'activités malveillantes.

D'après Mme Kallas, ce 'hub' pourrait également assurer le suivi du respect d'un éventuel cessez-le-feu entre l'Ukraine et la Russie, en focalisant son attention sur la question du « déminage ». La Haute Représentante a aussi évoqué le volet de la mobilité militaire, en suggérant des mises à niveau d'infrastructures afin d'accueillir et de faciliter les déplacements d'équipements lourds.

D'ici la fin de l'été, la Commission et le SEAE devraient avoir cartographié les besoins et être en mesure de présenter des options pour concrétiser la stratégie.

Par ailleurs, la commissaire européenne à l'Élargissement, Marta Kos, a préconisé l'élaboration d'un agenda pour l'essor des connexions utilisant la mer Noire pour relier l'Europe à l'Asie centrale. « Nous sommes dans un monde où les dépendances stratégiques sont utilisées comme armes. Nous devons diversifier les connexions dans les secteurs énergétique, des transports et numérique », a-t-elle indiqué.

Par exemple, la Commission et le SEAE voient la mer Noire comme une région à fort potentiel pour le développement des énergies renouvelables et préconisent une coopération accrue en matière d'accès aux matières premières critiques, en concrétisant notamment les engagements pris lors du sommet UE/Asie centrale (EUROPE 13615/1). Cela nous aidera à « diversifier notre approvisionnement en nous éloignant de la Russie », à « réduire les risques inhérents aux systèmes énergétiques » et à faire apparaître de nouvelles opportunités d'investissement pour les technologies propres, a estimé Mme Kos.

Mme Kos a également souligné l'importance d'aider les pays de la région à agir pour préserver la richesse environnementale de la mer Noire et à anticiper l'impact du changement climatique, notamment à travers un plus fort soutien aux organisations de la société civile. Les pays côtiers et l'Arménie se sont notamment engagés à restaurer un tiers des écosystèmes dégradés d'ici 2030.

L'UE s'engage, par exemple, à faciliter l'accès des pays de la région aux systèmes européens de sensibilisation aux inondations (EFAS) et d'informations sur les feux de forêt (EFFIS) ainsi que l'Observatoire européen de la sécheresse, services opérés par le programme spatial Copernicus.

Voir la stratégie pour la mer Noire de la Commission et du SEAE : https://aeur.eu/f/h3r (Mathieu Bion)

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