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Bulletin Quotidien Europe N° 13646
Sommaire Publication complète Par article 23 / 38
ACTION EXTÉRIEURE / Afrique

140 ans après la Conférence de Berlin, l'ancien ambassadeur de l'UE, Philippe Van Damme, incite à renforcer la crédibilité des sommets UE/UA

En amont de la réunion ministérielle entre l'Union européenne et l'Union africaine (UA), tenue mercredi 21 mai, une série de pays de l'UE avaient fait part de leur volonté d'élaborer une nouveau mécanisme de suivi des promesses faites lors de sommets entre l'Union européenne et l'Union africaine. Un tel mécanisme a été acté mercredi par les partenaires, qui se sont engagés, dans une déclaration politique conjointe, à définir rapidement les modalités du dispositif (EUROPE 13645/19).

Dans un commentaire publié début mai par le Centre européen de gestion des politiques de développement ('ECDPM')l'ancien ambassadeur de l'UE au Cameroun, en Guinée équatoriale, Guinée Conakry et au Zimbabwe, Philippe Van Damme, estime nécessaire de rééquilibrer la 'diplomatie des sommets' entre l'UE et l'UA. Selon le diplomate belge, après 25 ans de partenariat, la relation reste marquée par une forte asymétrie de pouvoir et un manque persistant de crédibilité dans la mise en œuvre des engagements pris de part et d’autre.

« Lors du dernier sommet UE/UA (EUROPE 12894/1), les dirigeants européens étaient quasiment inaccessibles, accaparés par d’autres priorités, alimentant la perception d’un manque d’intérêt pour un partenariat considéré comme 'de faible priorité', en contradiction avec le discours officiel », analyse M. Van Damme.

Et d'ajouter : « Les deux parties tendent également à considérer que l’UE apporte des solutions aux défis de l’UA, ce qui pousse l’UE à trop promettre et à peu concrétiser, avec des mécanismes de suivi très faibles ».

L'ancien conseiller politique du Service européen pour l'action extérieure (SEAE) plaide pour une « remise à plat » des « dynamiques de pouvoir asymétriques » dans le partenariat UE/UA, à travers une intégration systématique des acteurs non étatiques - notamment les sociétés civiles, le secteur privé et les jeunes - dans les processus décisionnels.

Il incite à « abandonner les conclusions prémâchées et aseptisées » au profit d’un « échange plus honnête », où les « irritations mutuelles » et les « priorités divergentes » peuvent être discutées ouvertement.

M. Van Damme recommande un « processus consultatif large », structuré autour de « tables rondes thématiques » et d’« objectifs pragmatiques », assortis de « mécanismes de suivi crédibles », afin de poser les bases d’une relation « décolonisée » et « sans tabou ».

Voir le commentaire de M. Van Damme dans son intégralité : https://aeur.eu/f/gzd (Bernard Denuit)

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