Lors d’un débat en séance plénière du Parlement européen à Bruxelles, mercredi 21 mai, tous les groupes politiques, à l’exception de l’extrême droite, ont salué la 'feuille de route' de la Commission européenne pour un abandon définitif des importations de combustibles fossiles russes au sein de l’UE d’ici 2027 (EUROPE 13634/1).
Comme l’a rappelé le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, cet abandon total est une demande de longue date du Parlement européen.
La communication présentée le 6 mai débouchera sur des mesures concrètes en juin, dont « l’interdiction au niveau de l'UE de toutes les importations de gaz russe dans le cadre des nouveaux contrats et des contrats spot dès la fin de cette année », a rappelé le commissaire.
Christian Ehler (PPE, allemand) a indiqué que son groupe soutenait la proposition de la Commission, mais a rappelé que tous les États membres n’étaient pas en mesure de se sevrer de façon simple des importations russes. « Il s’agira de trouver dans les mois à venir un bon équilibre entre l'UE et les intérêts particuliers des États membres sans pour autant que l'on puisse financer la guerre russe en Ukraine menée par le président Poutine », a-t-il déclaré.
Niels Fuglsang (S&D, danois), quant à lui, s’est dit ravi que le PPE et la Présidence polonaise du Conseil de l'UE soutiennent le plan de la Commission.
Le ministre polonais des Affaires européennes, Adam Szłapka, a effectivement expliqué que la sécurité énergétique était l'une des priorités les plus importantes de la Présidence et qu’elle était en train de préparer des conclusions du Conseil à ce sujet (EUROPE 13645/6).
Il a également fustigé les projets de gazoduc Nordstream, qui avaient été « stratégiquement conçus pour accroître notre dépendance géopolitique. Tous ces liens avec la Russie doivent être définitivement coupés », a-t-il insisté.
Nicola Procaccini (CRE, italien) a salué le plan, mais a accusé l’Espagne, la Belgique et la France d’avoir augmenté leurs importations de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance de Russie ces dernières années.
Michael Bloss (Verts/ALE, allemand), Dario Tamburrano (La Gauche, italien) et Christophe Grudler (Renew Europe, français), quant à eux, ont appelé à « ne pas remplacer la dépendance à l'égard du gaz russe par une autre dépendance à l'égard du GNL américain ». « Ce GNL américain ne doit pas devenir une monnaie d'échange ou un levier de chantage », a appuyé M. Grudler.
Ce dernier a également salué le fait que le plan de la Commission prenne en compte les importations de combustible nucléaire russe, mais appelé à un soutien de toute la chaîne du nucléaire en Europe. (Pauline Denys)