Le groupe d’experts sur la fusion nucléaire (FEG) a récemment publié une prise de position visant à fournir des recommandations pour la conception de la stratégie européenne sur la fusion, coordonnée par la Commission européenne.
Cette stratégie, qui devrait être publiée d’ici la fin de l’année en vue de la proposition du programme de recherche et de formation Euratom pour 2028-2032, vise à accélérer la commercialisation de l’énergie de fusion en Europe (EUROPE 13573/11).
« Une action décisive est nécessaire pour faire de cette vision une réalité et faire de l'Europe un leader fort et indépendant dans ce domaine », souligne le document, publié le 7 avril par la DG Recherche et innovation de la Commission européenne.
Le groupe d’experts indépendants, représentant les États membres de l'UE, a axé son rapport sur cinq piliers mentionnés à plusieurs reprises par la Commission (EUROPE 13609/5), à savoir : le soutien au projet international ITER, la création d’une industrie compétitive avec une main-d’œuvre qualifiée, la garantie d’un cadre réglementaire harmonisé, le renforcement de la collaboration internationale et une gouvernance européenne transparente..
Le groupe souligne notamment la nécessité de publier urgemment la stratégie sur la fusion nucléaire, dans le contexte du prochain cadre financier pluriannuel, afin de « garantir l'alignement sur les objectifs énergétiques plus larges de l'Europe ».
Le document encourage également l’engagement du secteur privé, avec la mise en place d’un partenariat public privé (PPP) et un soutien spécifique aux start-up.
Il invite ainsi à élargir les possibilités de financement pour y inclure le capital-investissement, les prêts et le soutien d'organisations telles que la Banque européenne d'investissement.
D’autres recommandations consistent à mettre en place une stratégie pour « attirer, former et retenir une main-d'œuvre qualifiée », à engager un dialogue global avec les parties prenantes, à favoriser des partenariats internationaux solides et à renforcer les accords bilatéraux, notamment avec la Chine, le Japon, la République de Corée et les États-Unis.
Enfin, le document encourage la Commission à poursuivre son travail de coordination et à faire en sorte que les activités de fusion soient alignées sur les politiques et les priorités de financement plus larges de l'UE.
L'institution a proposé que le FEG évolue en un Comité européen de coordination de la fusion (EFCC) afin de superviser la mise en œuvre de la stratégie de fusion de l'UE et de renforcer la coordination entre la Commission européenne, les États membres et les principales parties prenantes.
Le rapport : https://aeur.eu/f/gfv (Pauline Denys)