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Bulletin Quotidien Europe N° 13623
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DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ / État de droit

Justice, personnes LGBTIQ, médias - la délégation du PE rend compte d'une situation toujours plus préoccupante en Hongrie

Une délégation d’eurodéputés membres de la commission des Libertés civiles du PE, emmenée par la Néerlandaise Tineke Strik (Verts/ALE), a rapporté, mercredi 16 avril, une dégradation continue de la situation de l’État de droit en Hongrie après une nouvelle mission sur place de deux jours.

Celle-ci servira notamment à alimenter un nouveau rapport sur la protection des 'valeurs fondamentales' en Hongrie alors que le PE avait déclenché en 2018 la procédure dite 'Article 7' contre le pays.

Si l’actualité récente a surtout concerné l’interdiction par le gouvernement hongrois de la 'Pride' ou 'Marche des Fiertés', prévue fin juin à Budapest, les élus issus de cinq groupes politiques ont rendu compte de préoccupations encore plus larges, allant de l’indépendance du système judiciaire au pluralisme des médias.

Les élus ont aussi rappelé qu'outre le public LGBTIQ, les juges, les professeurs ou les médecins ont aussi été attaqués pour avoir pris part à des protestations.

Mme Strik, qui a également cité la loi sur la souveraineté et la lutte contre les ingérences étrangères qui sert surtout à viser « les ONG et les journalistes », a aussi déploré le non-respect par Budapest « d’une majorité » des décisions rendues contre le pays par la Cour de justice de l’UE.

« Ce à quoi nous assistons en Hongrie, ce n'est pas à l'État de droit, mais plutôt à un État de droit où la majorité au pouvoir a consolidé son emprise sur le pouvoir, réduisant au silence les voix des minorités et étouffant la diversité des opinions, comme le démontre une fois de plus la restriction de la liberté de réunion », a commenté de son côté Sophie Wilmès (Renew Europe, belge).

Tineke Strik, rapporteur sur la procédure lancée en 2018, a regretté en tout cas que les ministres de la Justice et de l’Intérieur aient refusé de rencontrer la délégation, qui a pu rencontrer sur deux jours des représentants du gouvernement, des membres de l'Assemblée nationale hongroise, des représentants du pouvoir judiciaire, des autorités indépendantes et locales, des syndicats, des professions libérales et des acteurs de la société civile dans tous les domaines concernés.

La délégation, qui était aussi composée de Pernando Barrena (La Gauche, espagnole), Christopher Smizek (S&D, polonais) et Mikhaïl Vavrikievitch (PPE, polonais), fera rapport au Conseil de l’UE avant une audition de la Hongrie prévue le 27 mai au Conseil 'Affaires générales'. (Solenn Paulic)

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