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Bulletin Quotidien Europe N° 13623
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DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ / Droits fondamentaux

Les ministres européens chargés de l’Égalité débattent d'une approche plus intersectionnelle au sein des politiques européennes

Réunis pour une rencontre informelle mercredi 16 avril à Varsovie, les ministres européens chargés de l’Égalité ont clôturé leurs échanges par des discussions sur les moyens d’intégrer davantage l’'intersectionnalité' dans les politiques européennes de lutte contre les discriminations. 

Pour la Présidence polonaise du Conseil de l’UE, il s’agissait ainsi d’encourager une égalité de traitement effective pour tous, en tenant compte la multiplicité des réalités et des expériences de vie des citoyens européens.

« Il n’y a pas de lutte à thème unique, car nous ne vivons pas des vies à thème unique », a-t-elle rappelé dans une note de travail qu'Agence Europe a pu consulter, se référant aux mots de la militante féministe et femme de lettres afro-américaine Audre Lorde.

Ainsi que le rapporte le document, l’'approche intersectionnelle' permet de mieux répondre aux enjeux propres aux groupes soumis à une conjonction de discriminations, comme les femmes handicapées, les femmes LGBTQI, les femmes racisées et les personnes âgées.

La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) et la Convention relative aux droits des personnes handicapées (UNCRPD), la directive sur la transparence des rémunérations adoptée en 2023, qui traite explicitement de la 'discrimination intersectionnelle', ainsi que la directive sur les organismes de promotion de l’égalité de 2024 ont servi de base de travail. 

En amont des discussions, la commissaire européenne chargée de l'Égalité, de l'État de préparation et de la Gestion des crises, Hadja Lahbib, a rappelé que « la discrimination est souvent multidimensionnelle et cumulative ».

Elle a aussi présenté la 'feuille de route' sur les droits des femmes, sur laquelle s’appuiera la prochaine 'Stratégie européenne pour l’égalité' après 2025. 

Selon la note de travail consultée par Agence Europe, les protections contre les discriminations restent inégales au sein de l’Union européenne. Des écarts existent notamment en dehors du marché du travail en raison de l'âge, du handicap, de la religion ou de l'orientation sexuelle. Quelques États membres reconnaissent déjà la 'discrimination intersectionnelle' dans leur législation, tandis que d’autres se limitent à la notion de 'discrimination multiple', appliquée principalement dans les pratiques judiciaires.

Toutefois, le Conseil peine, depuis 2008, à s'accorder sur une directive au niveau européen (EUROPE 13596/31). « Nous avons parlé de la directive sur l'égalité. C'est l'élément qui manque à nos actions et qui les porterait à un niveau supérieur, quelque chose que nous n'avons pas encore en Pologne. Je pense qu'il serait bon d'avoir des normes plus uniformes », a déclaré en conférence de presse la ministre polonaise de l'Égalité, Katarzyna Kotula, qui a présidé la rencontre.

Enfin, pour lutter de front, une 'Déclaration pour l'égalité' a été signée par le trio de Présidence de l'UE, la Pologne, le Danemark et Chypre.

« Nous avons confirmé que nous coopérons parfaitement sur ce point. C'est une bonne chose, car nous constatons beaucoup de réactions négatives dans le monde, non seulement en matière de populisme, mais aussi en ce qui concerne tout ce qui touche à l'égalité des sexes et aux droits des femmes », a affirmé la ministre polonaise. (Nithya Paquiry)

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