Après plus de trois ans de négociations, les pays membres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont approuvé par consensus, mercredi 16 avril, un texte historique visant à mieux se préparer et lutter contre les futures pandémies.
« Ce soir marque une étape importante dans notre voyage commun vers un monde plus sûr », a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Pour l'OMS, ses États membres « ont fait un grand pas en avant dans les efforts visant à rendre le monde plus sûr face aux pandémies, en élaborant un projet d'accord qui sera examiné lors de la prochaine Assemblée mondiale de la santé en mai » (EUROPE 13422/4).
La Commission européenne a salué ce « consensus préliminaire sur l’accord sur les pandémies », preuve de la « vigueur persistante » de la coopération et de la solidarité internationales en faveur de la santé mondiale.
L'accord vise à prévenir et gérer les pandémies futures, « dans le plein respect des responsabilités et compétences des États membres de l’UE en matière de politique de santé ».
Pour Olivér Várhelyi, commissaire européen à la Santé, cet accord apportera une « contribution significative au renforcement de nos capacités de prévention, de préparation et de réponse aux pandémies, ainsi qu’au développement de nouvelles contre-mesures médicales lorsque cela sera nécessaire ».
Les négociations ont longtemps buté sur le transfert de technologies pour la production de produits de santé liés aux pandémies, en particulier au profit des pays en développement. Plusieurs pays où l'industrie pharmaceutique pèse lourd dans l'économie sont opposés à l'idée d'obligation de transfert et insistent sur son caractère volontaire. Un consensus a finalement émergé autour du principe de transfert de technologies « convenu d'un commun accord ».
Le texte prévoit la création d’un système d'accès aux agents pathogènes et de partage des avantages, à savoir les produits de santé découlant de leur utilisation, comme des vaccins ou des tests, par exemple. Le texte vise aussi à élargir l'accès à ces produits en établissant un réseau mondial de chaîne d'approvisionnement et de logistique.
Les négociations se sont déroulées dans un contexte de crise du multilatéralisme et du système de santé mondial, provoqué par les coupes drastiques dans l'aide internationale américaine décidées par Donald Trump. Les États-Unis étaient absents des négociations, le président américain ayant décidé qu'ils quittaient l'OMS. (Lionel Changeur)