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Bulletin Quotidien Europe N° 13621
SOCIAL - EMPLOI / Social/emploi

Les ministres des États membres de l'UE invités à échanger sur l'IA, l'égalité au travail et l'intégration des migrants sur le marché du travail

Les ministres et représentants des ministres des Affaires sociales et de l’Emploi ont entamé, lundi 14 avril, une réunion informelle à Varsovie consacrée aux défis de l’intelligence artificielle (IA) dans l’emploi et au rôle du dialogue social, aux politiques d’activation du marché du travail ainsi qu’aux questions d’égalité sur le marché du travail et aux politiques innovantes pour soutenir les responsabilités familiales.

La réunion se poursuivra le 15 avril. À son arrivée, la ministre polonaise de la Famille, du Travail et de la Politique sociale, Agnieszka Dziemianowicz-Bąk, a indiqué que la discussion permettra de parler « des défis technologiques, de l’impact de l’intelligence artificielle et des technologies numériques sur le marché du travail, sur les conditions d’emploi, ainsi que des enjeux liés à la politique familiale et à la politique sociale, entendus comme des enjeux liés aux soins de longue durée. L’intégration sociale, l’intégration, y compris en termes de migrants, les défis auxquels la Pologne est confrontée aujourd’hui ne sont pas très différents de ceux auxquels sont confrontés les autres pays de l’UE ». La ministre a également invité une délégation ukrainienne à participer aux échanges.

Parmi les partenaires sociaux présents à Varsovie, la Secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), Esther Lynch, avait l’intention de dire aux Vingt-sept que « les travailleurs souhaitent être impliqués dans les discussions sur l'IA au travail. Ils souhaitent que leurs syndicats soient impliqués dans ces discussions. L'IA au travail est essentielle. L'innovation est essentielle pour être compétitif. Nous avons besoin que les syndicats et les travailleurs soient impliqués dans les discussions sur l'IA au travail. C'est le seul moyen de rendre cela équitable », a-t-elle indiqué en arrivant. La CES demande aussi une directive européenne garantissant que les travailleurs et leurs syndicats seront impliqués dans la mise en œuvre sûre de l'IA.

Pour le patronat et BusinessEurope, « il est essentiel, en ces temps difficiles, de pouvoir relever ces défis, tout en veillant à jeter les bases de la prospérité de nos sociétés et à préserver le modèle social européen. De plus, face au vieillissement de nos populations, il est désormais crucial que nous puissions progresser. Parallèlement, nous devons accroître la productivité, où nous avons été plus faibles ces dernières décennies, mais aussi augmenter le nombre de personnes actives sur le marché du travail. Nous devons optimiser l'innovation et exploiter au mieux nos talents à travers l'Europe », a dit Maxime Cerutti, directeur pour les Affaires sociales au sein de l'organisation.

Concernant les mutations numériques et les algorithmes dans le monde du travail, mais aussi le développement du dialogue social et le droit à l’information des salariés, la Présidence polonaise du Conseil de l’UE part du constat que, si l’utilisation de l’IA apporte de nombreux avantages aux travailleurs comme aux employeurs, elle peut également poser des défis comme l'opacité des algorithmes et le manque de transparence, la surveillance et le contrôle excessifs des travailleurs par le biais de l'IA ou l’érosion des droits collectifs. La Présidence devait ainsi demander aux participants comment ils évaluent le niveau de protection des droits des salariés à l'information et à la consultation sur l'utilisation de l'IA au travail dans le droit de l'UE et quels sont les défis majeurs.

Quant à la discussion sur la politique d'intégration active sur le marché du travail, elle devait plus précisément porter sur le défi d'intégrer efficacement les migrants qui résident légalement sur le territoire.

La Pologne veut ici vanter sa politique d'intégration fondée sur l'acquisition progressive de la langue, des valeurs et des normes sociales polonaises. La discussion devait notamment aborder les questions de régularisation du séjour et l'accès à la résidence de longue durée avec un système d'incitations pour les personnes contribuant au développement du pays d'accueil et des mécanismes pour éliminer les abus.

Sur ce point, la Présidence devait demander aux pays membres comment concilier des procédures migratoires efficaces avec les préoccupations de cohésion sociale et nationale et sonder le rôle des employeurs et des entreprises dans l'intégration des migrants sur le marché du travail. (Solenn Paulic)

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