Invitée en commission de l’Industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE) du Parlement européen, la directrice de la DG ENER de la Commission européenne, Ditte Juul Jørgensen, a précisé la position de l'institution concernant le futur de l’énergie nucléaire alors que les défenseurs de l’atome ont regretté que le plan d’action pour des prix abordables de l’énergie (EUROPE 13600/2) ne mette pas suffisamment l’accent sur le principe de neutralité technologique.
Selon Mme Jørgensen, le plan fait bien mention du besoin en énergie propre pour atteindre les objectifs de décarbonation de l’UE, en ce compris le nucléaire, et a mentionné la publication prochaine du programme indicatif nucléaire (PINC) pour évaluer les besoins en investissement dans le secteur.
« Notre évaluation de la manière d'atteindre l'objectif 2040 et la neutralité climatique en 2050 montre que le nucléaire restera nécessaire dans le système énergétique européen, dans une proportion très proche de celle que nous connaissons aujourd'hui, mais qu'il faudra à la fois prolonger la durée de vie des centrales nucléaires existantes et construire de nouvelles centrales », a-t-elle expliqué.
Elle a reconnu cependant que le déploiement de nouvelles capacités nucléaire prenait plus de temps que celui des renouvelables, notamment à cause du coût initial d’investissement.
En outre, elle a indiqué que la Commission ne disposait actuellement pas d’instruments qui permettraient d’intervenir dans les décisions nationales de fermer des centrales nucléaires ou d’investir dans de nouvelles capacités.
Toutefois, elle a expliqué que ces décisions avaient bien un impact sur l’approvisionnement global à travers l’UE et étaient donc sujettes « à discussion avec les pays voisins et les pays de la région en particulier ».
Gaz naturel
Également interrogée sur la volonté de la Commission, détaillée dans le plan d’action pour des prix abordables de l’énergie, de s’engager dans de nouveaux contrats de gaz naturel liquéfié (GNL), notamment en finançant des projets d'infrastructure d'exportation de GNL à l'étranger (EUROPE 13584/9), la directrice a expliqué que l’UE ne pouvait pas encore se passer du gaz naturel et qu’elle se devait de diversifier ses approvisionnements.
« Nous devons faire en sorte de ne pas remplacer une dépendance par une autre. Nous sommes aujourd'hui le plus grand acheteur de GNL au monde et nous resterons parties prenantes du marché commun du GNL dans les décennies à venir, car nous aurons toujours besoin de gaz fossile dans notre système », a expliqué Madame Jørgensen. (Pauline Denys)