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Bulletin Quotidien Europe N° 13602
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POLITIQUES SECTORIELLES / Justice

Les eurodéputés s'interrogent sur l'harmonisation de la protection des enfants placés au sein de l'UE

La commission des affaires juridiques (JURI) et la commission de l'emploi et des affaires sociales (EMPL) du Parlement européen ont organisé, mardi 18 mars, une audition commune sur la protection et la promotion des droits des enfants placés sous protection de remplacement.

« Les enfants placés en Europe sont confrontés à de nombreux problèmes communs, quel que soit le pays dont ils viennent. Souvent, ces enfants ont l'impression de ne pas être entendus et de ne pas pouvoir espérer un avenir meilleur », a déclaré Ewa Kopacz (PPE, polonaise), à l'initiative de cette audition qui interroge la situation d'un enfant sur cent au sein de l'Union européenne.

Plusieurs experts ont souligné l'absence d'harmonisation au sein de l'Union européenne. La représentante de SOS Villages d'Enfants International, Maria Dantcheva, a appelé à « établir, au niveau de l'UE, des principes unifiés pour une prise en charge de qualité ». Elle a notamment pointé du doigt les disparités dans les standards et les conditions de placement en famille d'accueil ou en institution.

La chercheuse indépendante et analyste politique Daja Wenke, pour sa part, a tiré la sonnette d'alarme quant au fait que « peu d'États membres ont adopté des lignes directrices sur la détermination de l'intérêt supérieur de l'enfant », alors qu'il s'agit d'un principe majeur en droit international.

Caterina Chinnici (PPE, italienne) est revenue sur ce point en appelant la Commission européenne à jouer un rôle plus actif : « Même si ce n'est pas une compétence de l'UE, ne pensez-vous pas que la Commission pourrait rédiger des recommandations pour garantir plus d'uniformité dans la protection des mineurs ? »

Le déficit de familles d'accueil a constitué un sujet majeur des discussions.

Ainsi, Kathleen Funchion (La Gauche, irlandaise) a interrogé les experts sur les moyens d'encourager le placement familial.

Selon le professeur à Trinity College Dublin et spécialiste des politiques sociales Robbie Gilligan, « nous devons développer des systèmes de soutien spécifiques pour le placement familial, car il a des dynamiques particulières qui doivent être accompagnées ».

La question de la transition à l'âge adulte a également éveillé des inquiétudes. « La plupart des jeunes quittent le domicile familial à 26 ans en moyenne en Europe, mais les enfants placés doivent se débrouiller seuls à 18 ans », a rappelé Robbie Gilligan. Il préconise un soutien prolongé jusqu'à 25 ans pour éviter d'accentuer les risques de précarité. 

En outre, certains eurodéputés ont partagé des initiatives nationales.

Marlena Maląg (CRE polonaise) a mentionné les réformes menées en Pologne pour améliorer le suivi des enfants placés, tandis que Hristo Petrov (Renew Europe, bulgare) a plaidé pour une meilleure intégration des jeunes sortant des institutions dans l'enseignement supérieur et l'emploi.

Le commissaire européen à l'Équité intergénérationnelle, à la Jeunesse, à la Culture et aux Sports, Glenn Micallef, a rappelé que des fonds européens étaient disponibles pour améliorer la protection des enfants placés, notamment via le programme 'Citoyenneté, égalité, droits et valeurs' ainsi que par le financement de la 'Garantie européenne pour l'enfance'.

Aussi, il a plaidé pour une approche intégrée impliquant les divers acteurs, des institutions européennes aux services locaux. (Nithya Paquiry)

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