La ministre de la Planification et de la Coopération internationale de la Jordanie, Zeina Toukan, a annoncé, mardi 18 mars, lors d’une audition au Parlement européen, que son pays espérait pouvoir organiser une conférence UE/Jordanie sur les investissements « pour la fin de l’année - novembre serait judicieux ».
Saluant le partenariat stratégique et global, la ministre a précisé que son pays accordait la priorité à certains domaines « tels que l’hydrogène vert, le secteur minier et les matières premières critiques, la connectivité numérique et énergétique » (EUROPE 13568/19).
Elle a aussi remercié l’UE pour son soutien financier et pour l’assistance macrofinancière de 500 millions d’euros, dont la commission ‘commerce international’ du Parlement européen discutera jeudi. Ces soutiens sont liés à des réformes du côté jordanien.
Le ministre des Affaires étrangères, Ayman Al Safadi, est revenu sur la situation dans la région, notamment en Syrie. « La stabilité de la Syrie est essentielle pour la question des réfugiés, entre autres, mais aussi pour la lutte contre le terrorisme. Il est dans l'intérêt de tous de s’assurer que la Syrie soit stable et sûre », a-t-il expliqué, estimant que l’Europe devait jouer le rôle de chef de file pour garantir la sécurité de la région.
Rappelant que son pays accueillait 1,3 million de Syriens – 50 000 seraient rentrés dans leur pays depuis décembre -, Ayman Al Safadi a expliqué que, sans soutien international, la Jordanie ne serait pas en mesure de leur fournir une vie décente et s’est dit alarmé du « déclin du soutien international pour les réfugiés » (EUROPE 13601/1). Il a appelé l’UE à jouer un rôle de meneur dans ce soutien et à lever ses sanctions pour que les Syriens puissent « reconstruire leur vie ».
Rappelant que le conflit israélo-palestinien (voir autre nouvelle) était au cœur de l’instabilité dans la région, M. Al Safadi a jugé que la seule solution était une paix qui garantisse les droits des Israéliens et des Palestiniens. « Tout le monde a à y perdre, si l’accord (de cessez-le-feu) n’est pas mis en œuvre », a-t-il prévenu, expliquant qu’il fallait s’assurer que le cessez-le-feu tienne, que l'aide humanitaire arrive et que les échanges otages/prisonniers soient bien mis en œuvre, « faute de quoi on risque de s’enfoncer encore plus dans l’obscurité ». (Camille-Cerise Gessant)