Les ministres européens de l’Énergie, réunis le 17 mars à Bruxelles, ont fait part de leurs commentaires concernant le plan d’action pour des prix abordables de l’énergie de la Commission européenne (EUROPE 13588/3) et ont tenu leur premier échange sous Présidence polonaise du Conseil de l’UE sur la sécurité énergétique (EUROPE 13593/12).
Pour faire baisser les prix de l’énergie de façon structurelle, les ministres ont repris à leur compte certaines mesures proposées par la Commission européenne, en mettant l’accent sur les interconnexions transfrontalières, l’accélération de l’octroi de permis, la flexibilité du système énergétique européen ou encore davantage d’harmonisation dans le domaine des mécanismes de capacité (EUROPE 13596/7, EUROPE 13598/11).
Interconnexions transfrontalières. Ainsi, une large majorité de pays ont soutenu la nécessité de renforcer les interconnexions pour parvenir à une véritable Union de l’énergie et appelé à maximiser les investissements dans le développement des réseaux.
Plusieurs pays comme l’Estonie ont demandé de poursuivre le soutien financier au Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (CEF) dans le cadre des négociations du nouveau cadre financier pluriannuel (CFP). D'autres, comme le Danemark, ont dit attendre avec impatience le futur paquet européen de la Commission pour les réseaux électriques.
Toutefois, la Suède a considéré qu’en mettant de façon disproportionnée l’accent sur les interconnexions, la Commission « néglige la prise en compte du coût total du système pour l'électrification ». Le pays, tout comme d’autres défenseurs de l’énergie nucléaire (voir autre nouvelle), a également demandé que la Commission mette davantage l’accent sur la neutralité technologique.
Des pays comme la Grèce ou encore la Bulgarie ont vu d’un bon œil le fait que la Commission prenne en compte les disparités de prix qu’a connues l’Europe centrale et du sud-est à l’été 2024 (EUROPE 13482/16), encourageant une plus grande participation transfrontalière.
Taxation de l’énergie. En réaction aux remarques des ministres, le commissaire Dan Jørgensen a expliqué ne pas vouloir se mettre en travers des compétences nationales, notamment sur la question de la réduction des taxes sur l’énergie proposée dans le plan d’action de la Commission.
« En fin de compte, ce sera aux gouvernements (nationaux) de choisir cette voie-là s’ils le souhaitent. C’est notre obligation en tant que Commission de formuler des recommandations, des lignes directrices, sur ce que peuvent faire les États membres s’ils souhaitent agir de manière unilatérale et pas seulement dépendre d’une solution plus large qui émane de l’UE », a expliqué le commissaire en conférence de presse.
Si plusieurs pays ont reconnu le besoin de se pencher sur la question, aucun ne s’est clairement engagé à agir sur la fiscalité de l’énergie.
Sécurité énergétique. Après leur discussion sur le plan d’action pour des prix abordables de l’énergie, les ministres ont échangé sur la situation énergétique en Ukraine avec le ministre ukrainien de l’Énergie, German Galuschenko (voir autre nouvelle).
Ils ont également eu un échange de vues sur la sécurité énergétique, précédé d’un déjeuner de travail consacré aux infrastructures critiques (EUROPE 13600/2) et d'une présentation par l'Agence de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) sur l'évolution des marchés de l'électricité et du gaz de l'UE (voir autre nouvelle).
Lors du débat sur la sécurité, la Présidence polonaise a recueilli, pour la première fois, les priorités des États membres concernant la révision, dès 2026, des règlements sur la sécurité de l'approvisionnement en gaz et sur la préparation aux risques dans le domaine de l'électricité.
« Il faut insister sur la gestion des risques. Il faut qu’il y ait moins de hausses des prix, avec une planification sur le long terme des achats de gaz. Il faut augmenter la souplesse, la flexibilité en matière de pratiques, de stockage. Il faut aussi faciliter les investissements pour pouvoir faire baisser les prix », a expliqué la ministre polonaise, Paulina Hennig-Kloska, lors d’une conférence de presse.
La Présidence devrait également proposer une nouvelle discussion lors du Conseil 'Énergie' de juin sur « une définition plus large » de la sécurité énergétique, avant d'aboutir à des conclusions du Conseil sur la question.
Autres points. D’autres points à l’ordre du jour concernaient la préparation à l’hiver 2025/2026, une note des pays baltes sur la synchronisation de la Baltique avec le réseau continental européen (EUROPE 13594/4 ) et un point de la République tchèque, soutenue par la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie, sur la simplification des dispositions de l’acte délégué encadrant l’hydrogène ‘renouvelable’ (EUROPE 13599/22). (Pauline Denys)