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Bulletin Quotidien Europe N° 13601
ACTION EXTÉRIEURE / Unrwa

« Le statu quo n’est plus une option » - Philippe Lazzarini alerte sur l’absence d’alternative pour les réfugiés

« Y a-t-il une alternative à l’UNRWA ? » Cette question, soulevée dès l’ouverture du débat par Hildegard Bentele (PPE, allemande) au Parlement européen, a cristallisé les échanges de lundi 17 mars entre le commissaire général de l’agence onusienne, Philippe Lazzarini, et les eurodéputés des commissions des Affaires étrangères (AFET) et du Développement (DEVE). 

Alors que l’UNRWA fait face à des restrictions croissantes de la part d’Israël et à des accusations de liens avec le Hamas, la question de sa nécessité a divisé les parlementaires. Si la Commission européenne a confirmé son soutien financier à l’agence avec un versement total de 92 millions d’euros en 2024, plusieurs États, dont les États-Unis, ont suspendu ou réévaluent leur contribution (EUROPE 13550/30). La Suède a réduit son aide financière et d’autres, comme les Pays-Bas, maintiennent leur aide, mais pourraient revoir leur position dans les années à venir. 

Hildegard Bentele a estimé que « la Knesset a pris une décision, nous en prenons note et cela soulève des inquiétudes chez de nombreuses personnes », avant d’interroger le commissaire général sur les alternatives envisageables en cas d’absence de coopération avec Israël.

Lukas Mandl (PPE, autrichien) a jugé que « l’UNRWA a échoué dans sa mission » et doit être remplacée.

Jordan Bardella (PfE, français) a relayé les accusations portées par Israël : « Si des mesures de transparence ne sont pas prises, elles seraient de nature à remettre en cause un soutien par des fonds publics ». 

Face à ces attaques, Philippe Lazzarini a défendu l’unicité de l’agence et son rôle irremplaçable. « Ce que fait l’UNRWA, c’est remplacer un État qui n’existe pas. Si nous cessons nos activités, il faudra promouvoir le retour ou la réinstallation des réfugiés. Or, aujourd’hui, personne ne propose cette solution. » Il a appelé à une réponse politique plutôt qu'à une dissolution précipitée de l’agence. 

Les débats ont reflété une réelle division politique. 

À gauche, Villy Søvndal (Verts/ALE, danois) a dénoncé les accusations portées contre l’UNRWA et rappelé son importance : « Il n’y a aucune autre organisation qui peut faire ce que vous faites. Ce n’est pas ‘vous ou une autre agence’. C’est ‘vous ou pas d’aide pour des centaines de milliers de réfugiés’ ».

Rima Hassan (La Gauche, française), quant à elle, a vivement dénoncé « la propagande israélienne relayée par certains députés » et accusé des élus du PPE et de l’extrême droite de défendre les intérêts d’Israël plutôt que ceux des réfugiés palestiniens. « En s’attaquant à l’UNRWA, on s’attaque au droit au retour des réfugiés palestiniens», a-t-elle martelé. 

Enfin, Philippe Lazzarini a mis en garde contre les conséquences d’un possible effondrement de l’UNRWA : « Le statu quo n'est plus une option. Nous devons faire un choix. On peut laisser l'agence imploser à cause de la législation de la Knesset et des incertitudes internationales, mais notre écroulement créerait un vide dans les territoires occupés en l'absence d'alternatives ».

Si la Commission européenne a renouvelé son engagement envers l’UNRWA, elle a également indiqué qu’elle suivrait attentivement la mise en œuvre des recommandations du groupe d’examen indépendant et des conditions convenues dans le cadre du financement de l’UE, y compris les recommandations issues d’un audit de l’Union. (Nithya Paquiry)

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