Les réactions se sont multipliées, lundi 17 mars, trois jours jours après la décision américaine de couper les vivres de Radio Free Europe, Voice of America (VoA) et Radio Free Asia, qui sont supervisés par l'agence gouvernementale USAGM.
Suite à un décret du président américain, Donald Trump, ordonnant le démantèlement de cette dernière, vendredi 14 mars, les employés de Radio Free Europe ont appris qu'ils devraient rendre leur carte de presse ainsi que leur matériel alors qu'un retrait des financements de l'administration américaine est attendu.
« En mettant fin aux activités de l'USAGM et de ses médias, l’administration 'Trump' envoie un signal désastreux : les régimes autoritaires comme Pékin et Moscou ont désormais les mains libres pour imposer leur propagande sans entrave », s'est alarmé Reporters sans frontières à la suite de la décision du président américain.
« Radio Free Europe et Voice of America ont joué un rôle crucial dans les efforts de la Lituanie pour obtenir son indépendance. (...) Ces médias ont aidé ceux qui subissent des pressions et ceux qui luttent pour la liberté. C'est la voie à suivre », a rappelé le ministre des Affaires étrangères lituanien, Kęstutis Budrys, lors du Conseil des Affaires étrangères, à Bruxelles, lundi 17 mars.
Financée par le Congrès américain, la radio fondée en 1950 pour émettre vers le bloc communiste pendant la Guerre froide émet aujourd’hui dans 23 pays, toujours à l’est de l’Europe, des pays des Balkans en passant par l’Ukraine, la Biélorussie, la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie ou la République tchèque. Basée à Prague, la radio fait travailler plus de 1 700 personnes et touche 47 millions d’auditeurs chaque semaine.
« Nous connaissons le budget global nécessaire. Pour l'Europe dans son ensemble, c'est un montant atteignable, mais pour la République tchèque seule, c'est clairement au-delà de nos capacités », a déclaré le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Lipavský.
Il faudrait mobiliser 120 millions d'euros pour financer la radio, a précisé ce dernier, qui a mis le sujet sur la table du Conseil de l'UE, lundi 17 mars. Une lettre pourrait être signée par ses homologues, a déclaré Rikard Jozwiak, le rédacteur en chef Europe de Radio Free Europe, à Prague, dans une publication sur le réseau social X.
« Pouvons-nous venir combler les lacunes du financement américain ? », s'est interrogée la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères. Avant de répondre que « beaucoup d'organisations viennent avec la même demande ». (Florent Servia)