La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a adressé, lundi 17 mars, sa traditionnelle lettre sur les progrès réalisés dans le domaine des migrations aux dirigeants européens, qui se réuniront ces 20 et 21 mars à Bruxelles.
Elle y fait le point à la fois sur le ‘Pacte Asile et migration’, les législations à venir sur le concept de pays tiers sûrs ou sur les partenariats noués avec les pays tiers comme la Jordanie, le Liban ou le soutien continu à la Turquie. Elle évoque encore le sort de la directive sur la protection temporaire, qui bénéficie à plus de 4 millions d’Ukrainiens dans l’UE et dont elle ne propose pas la reconduction automatique après mars 2026.
‘Pacte’. « Nous sommes sur la bonne voie pour atteindre notre objectif d'être pleinement prêts d'ici juin 2026 », écrit la présidente, même si trois États membres - la Pologne, la Hongrie et l’Irlande - n’ont pas encore livré leur plan.
L'accent doit être mis sur la préparation nécessaire - y compris en termes de personnel et d'infrastructures -, écrit la présidente. « Quelques domaines requièrent une attention particulière dans les mois à venir, à savoir la phase de filtrage, les procédures aux frontières, la mise en œuvre des procédures Eurodac et Dublin, ainsi que les conditions d'accueil ». Des travaux sont en cours sur des orientations pour faciliter la mise en œuvre.
Les travaux des États membres bénéficieront également d'un montant supplémentaire de 3 milliards d'euros sur la période 2025-2027. Un montant supplémentaire de 1,6 milliard d'euros, issu de la révision à mi-parcours des programmes des États membres, complétera le financement.
Pays tiers sûrs. La Commission présentera dans les prochaines semaines une révision du concept de pays tiers sûr et une première liste commune des pays d'origine sûrs. « La Commission prépare actuellement une liste européenne des pays d'origine sûrs. À cette fin, nous nous appuyons sur une analyse de l'Agence européenne pour l'asile et d'autres sources d'information disponibles pour évaluer une première sélection de pays choisis sur la base de critères objectifs, tels que de faibles taux de reconnaissance des demandes d'asile ».
Par ailleurs, sur le concept de pays tiers sûr, « les États membres s'accordent à dire que certaines conditions et étapes procédurales doivent être allégées. Nous examinons actuellement la meilleure façon d'y parvenir, tout en veillant à ce que chaque personne continue de bénéficier d'une évaluation individuelle et à ce que le fonctionnement global du système entre les États membres soit préservé ».
Partenariats avec les pays tiers. La présidente évoque les divers partenariats, ainsi que la Libye, avec laquelle les contacts techniques se sont poursuivis en 2024 sur la coopération en matière de lutte contre le trafic de migrants, de gestion des frontières et de contrôle des départs. « La protection du nombre croissant de réfugiés soudanais en Libye est également un thème clé, les retours volontaires assistés depuis la Libye ayant presque doublé en 2024, pour atteindre plus de 16 000 ».
Ukraine. « L'année dernière, nous avons prolongé le cadre de protection temporaire jusqu'en mars 2026 ». « Nous examinons différentes options, notamment la prolongation ou non de la protection temporaire en fonction de l'évolution de la situation, la transition vers des statuts nationaux pour le travail, les études ou des raisons familiales et l'aide aux personnes qui rentrent en Ukraine. Nous avons besoin d'une solution européenne commune qui puisse offrir prévisibilité, stabilité et un impact plus équilibré sur les systèmes des États membres », écrit la présidente.
Liens vers les documents : https://aeur.eu/f/fyy ; https://aeur.eu/f/fyz (Solenn Paulic)