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Bulletin Quotidien Europe N° 13601
Invasion Russe de l'Ukraine / Ukraine

Les ministres européens apportent un « large soutien » à la proposition de la Haute Représentante pour une aide militaire de 40 milliards d’euros

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se sont penchés, lundi 17 mars, sur la proposition de la Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, qui met en avant un soutien militaire à l'Ukraine allant jusqu’à 40 milliards d’euros pour 2025 et qui se ferait en fonction du RNB des États participants.

« L'initiative de défense de 40 milliards d’euros bénéficie d'un large soutien politique. La discussion porte actuellement sur les détails », a expliqué la Haute Représentante à la fin du Conseil des 'Affaires étrangères'. Vendredi, plusieurs diplomates avaient expliqué que de nombreux points restaient en suspens (EUROPE 13600/8). Selon Mme Kallas, « chacun comprend que nous devons faire preuve de détermination pour que l'Ukraine puisse se défendre ».

« Cette année, l'Ukraine dispose de ressources suffisantes pour entretenir son État et son armée, mais des fonds supplémentaires sont nécessaires. Un soutien général a été exprimé en faveur d'une augmentation des fonds de défense destinés à l'Europe et à l'Ukraine », a confirmé le ministre polonais, Radosław Sikorski.

À son arrivée au Conseil, le ministre lituanien, Kęstutis Budrys, a plaidé pour un soutien militaire durable à l’Ukraine, estimant que 40 milliards d'euros étaient « le minimum », alors que son homologue espagnol, José Manuel Albares, a estimé que pour parvenir une paix « juste et durable », l’Ukraine devait « continuer à bénéficier du soutien inconditionnel » de l’UE avec un financement « durable et prévisible ». Il a ajouté que l’Espagne n’avait pas eu besoin d’une proposition de la Haute Représentante pour engager un milliard d’euros pour cette année. 

« Nous plaidons depuis longtemps pour une plus grande transparence dans notre soutien à l'Ukraine », a rappelé le Danois Lars Løkke Rasmussen, estimant qu’une clé de répartition plus équitable pour le soutien serait « sans doute une bonne chose ». « Mais il ne faut pas que le mieux devienne le pire ennemi du bien. L'essentiel est donc que nous maintenions le cap pour l'Ukraine en lui apportant un soutien accru », a-t-il prévenu. Le Danemark est, selon son ministre, le pays au monde qui donne le plus par rapport à sa taille et était, l'automne dernier, le quatrième pays à donner le plus en termes de montant total. Autre grand pays donateur : l'Allemagne, dont la ministre, Annalena Baerbock, a confirmé un soutien militaire de 7 milliards d'euros pour cette année.

Samedi, lors d’une rencontre virtuelle organisée par le Premier ministre britannique, Keir Starmer, des dirigeants européens et de pays partenaires, les présidents du Conseil européen et de la Commission européenne et le secrétaire général de l’OTAN avaient réaffirmé leur engagement en faveur de la sécurité à long terme de l'Ukraine et « convenu que l'Ukraine (devait) être en mesure de se défendre et de dissuader toute future agression russe ». Les planificateurs militaires se réuniront à nouveau au Royaume-Uni cette semaine afin de faire progresser les plans concrets concernant la manière dont les armées des participants peuvent soutenir la sécurité future de l'Ukraine. 

Soutien au projet de trêve. Les ministres, tout comme leurs dirigeants, deux jours plus tôt, ont apporté leur soutien à la trêve de 30 jours discutée entre l’Ukraine et les États-Unis, rappelant que la balle était, depuis près d’une semaine, dans le camp de la Russie et doutant de la bonne volonté du Kremlin. « Il est temps d'utiliser tous nos outils diplomatiques pour convaincre la Russie d'accepter ces mesures de paix. Sans condition, comme l'a fait l'Ukraine », a souligné le ministre ukrainien, Andrii Sybiha, sur X, après s’être exprimé virtuellement devant ses homologues européens.

« Tout le monde attend que la Russie s’engage et accepte réellement les termes du cessez-le-feu », a souligné la ministre finlandaise, Elina Valtonen, ajoutant que les concessions devraient venir de la Russie et de nulle part ailleurs. « Les conditions que les Russes ont présentées montrent qu'ils ne souhaitent pas vraiment la paix, car ce qu'ils présentent comme conditions correspond à leurs objectifs ultimes, ceux qu'ils visent à atteindre par la guerre », a estimé Kaja Kallas.

Samedi, les dirigeants européens étaient convenus que le président russe, Vladimir Poutine, « devait prouver son sérieux en matière de paix et signer un cessez-le-feu sur un pied d'égalité ». « Les tergiversations et les atermoiements du Kremlin concernant la proposition de cessez-le-feu du président Trump, ainsi que les attaques barbares continues de la Russie contre l'Ukraine, vont totalement à l'encontre de la volonté de paix affichée par le président Poutine », précisait la déclaration. Les présidents américain et russe doivent s’entretenir par téléphone ce mardi.

Voir la déclaration de samedi : https://aeur.eu/f/fz6 (Camille-Cerise Gessant)

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