Organisé par la Commission européenne jeudi 27 février, l'événement 'Shaping the Future: European Universities for a Competitive Europe' a célébré les cinq ans des alliances universitaires européennes. 400 dirigeants d'université et décideurs européens ont ainsi été réunis pour une conférence de haut niveau consacrée à l'avenir de ces partenariats transnationaux avec l'ambition de renforcer la compétitivité de l'Union européenne.
Les alliances universitaires ont amélioré le paysage de l'enseignement supérieur par une simplification de la mobilité des étudiants et la création de programmes communs d'études, qu'un diplôme européen, grandement discuté au cours des débats, pourrait compléter.
Et pour cause, ce projet, issu de la proposition 'Plan d'action pour un diplôme européen' annoncée en mars 2024 par la Commission (EUROPE 13380/3), vise à faciliter la reconnaissance automatique des qualifications académiques entre les États membres, ce qui permettrait aux étudiants de suivre des parcours transnationaux fluides et de renforcer l’attractivité de l'enseignement européen sur la scène mondiale.
« Imaginez un étudiant commençant son cursus à Tallinn, se spécialisant à Bologne et terminant son mémoire à Heidelberg », a déclaré la commissaire européenne chargée des Droits sociaux et Compétences, Emplois de qualité et Préparation, Roxana Mînzatu, pour défendre cette perspective, qui répond en outre à une stratégie plus large de compétitivité et de souveraineté académique pour l'Europe.
L'eurodéputé Marcos Ros Sempere (S&D, espagnol) - qui a rappelé avoir soutenu l’initiative des alliances universitaires européennes depuis la précédente législature et travailler actuellement sur un rapport d’initiative du Parlement européen portant sur une nouvelle vision pour ces alliances - a plaidé pour une harmonisation des standards académiques et un cadre légal adapté pour garantir la crédibilité de ce diplôme.
« Nous assistons à la troisième révolution de l'enseignement supérieur. Après Erasmus et le processus de Bologne, le diplôme européen est la nouvelle étape », a-t-il appuyé.
Toutefois, la diversité des systèmes d’éducation, les résistances nationales et la question du financement constituent autant de problématiques à surmonter.
« Les alliances universitaires doivent être un laboratoire pour tester ce diplôme et en identifier les obstacles », a déclaré le président de l'Association européenne des universités, Joseph M. Garrell.
Ce diplôme européen pourrait, à terme, renforcer la reconnaissance internationale des établissements européens face à la concurrence américaine et asiatique. Mais sa réussite reposera sur l'engagement des États membres et un financement à la hauteur de l'ambition.
Au cours de la conférence, les parties prenantes se sont accordées sur le rôle central des alliances universitaires comme moteur de compétitivité et d'innovation en Europe.
Il faut désormais traduire ces ambitions en actes concrets et en engagements financiers à long terme alors que la Commission se prépare à présenter le paquet 'Union des compétences', une initiative qu'elle qualifie de « cruciale pour répondre aux pénuries de compétences, aux transitions numérique et verte et à la capacité de l'Europe à développer, retenir et attirer les talents ». (Nithya Paquiry)