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Bulletin Quotidien Europe N° 13562
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / États-unis

Face aux menaces de Donald Trump, l'Europe doit se montrer unie et forte, estime le Parlement européen

Dans un monde où le protectionnisme gagne du terrain et le droit international en perd, l’UE doit répondre par l’unité, selon les eurodéputés. La plupart des groupes politiques au Parlement européen estiment que l’UE doit montrer la voie en matière d’ouverture économique et de respect de la démocratie, mais qu’elle doit, en parallèle, construire son autonomie dans la défense et l’industrie. C’est le message qu’ils ont fait passer lors d’un débat au Parlement européen, mardi 21 janvier, sur le retour au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis et ses conséquences pour l’UE.

Sécurité. Le maintien du soutien à l’Ukraine, avec un appui américain incertain, est crucial pour la majorité des eurodéputés. D’autant plus que certains se méfient des intentions de Vladimir Poutine à l’égard de l’UE. « Aujourd’hui, notre sécurité est entre nos mains, et entre nos mains seules. Notre objectif, et celui de la Présidence polonaise (du Conseil de l’UE, NDLR), c’est de rester unis pour garantir la sécurité », a insisté le polonais Dariusz Joński (PPE).

Les élus comme les dirigeants européens tentent de trouver l’équilibre entre la coopération et l’émancipation par rapport à Washington. « Je ne veux ni d’une Europe qui tourne le dos à un allié historique ni d’une Europe vassale », a résumé Sophie Wilmès (Renew Europe, belge).

Concernant la souveraineté de l'UE, les élus danois, en particulier, ont eu à cœur de mentionner le cas du Groenland, dont le peuple seul doit décider de son destin, selon eux.

Démocratie. À droite de l’hémicycle, les groupes CRE, PfE et ENS ont partagé l’idéal d’autonomie européenne, mais se sont largement dissociés des critiques à l’égard du nouveau Président américain. Pour Jorge Buxadé Villalba (PfE, espagnol), l'élection de M. Trump à la Maison-Blanche marque « le retour des classes populaires, qui ont été asphyxiées ».

Les trois groupes estiment que le président américain défendra l’intérêt de son peuple à juste titre et que l’UE devrait mettre fin à ses idéologies, notamment en matière de protection du climat et de respect des droits humains.

Économie. Si l'UE veut retrouver le chemin de la prospérité, il ne s'agira pas de couper totalement la ligne avec Washington, s'accordent à dire la plupart des groupes. Mais face aux menaces de tarifs douaniers qui auraient un impact significatif sur l'économie européenne, il est urgent d'agir pour protéger les entreprises du continent.

Les points de vue divergent toutefois sur la stratégie à adopter en cas de guerre commerciale avec les États-Unis. Si certains élus souhaitent que l'UE montre les dents dans les négociations, de plus en plus de députés appellent à l'apaisement et au dialogue. Cela veut aussi dire faire valoir les intérêts communs pour espérer éviter des tarifs. « Il faut une approche plus transactionnelle sur les questions économiques et militaires », estime Sebastião Bugalho (PPE, portugais)

Au milieu de ce terrain d'incertitudes, les Européens doivent redoubler d'efforts pour s'ouvrir au commerce avec d'autres partenaires, pour un grand nombre de députés. « Plus que jamais, nous devons choisir la coopération, avec l'Amérique du sud, l'Asie du sud-est, grâce au commerce et au dialogue », a martelé Kathleen Van Brempt (S&D, belge).

Ce message est tout à fait partagé par la Commission européenne. À Davos, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a vanté les efforts récents de la Commission pour conclure des négociations sur plusieurs accords commerciaux stratégiques. « Cette ouverture nouvelle à des pays de tous les continents n’est pas seulement une nécessité économique, c’est aussi un message à l’intention du monde tout entier », a-t-elle déclaré, avant de tourner son propos vers Washington : « Nous souhaitons une coopération accrue avec tous ceux qui sont ouverts à cette idée. Il va de soi que cela inclut nos partenaires les plus proches. Naturellement, je pense ici aux États-Unis d’Amérique ».

Et de rappeler à quel point les relations commerciales transatlantiques sont significatives. « Notre priorité absolue consistera donc à engager le dialogue sans attendre, à examiner quels sont nos intérêts communs et à nous préparer à la négociation. Nous nous montrerons pragmatiques, mais nous ne renoncerons pas à nos principes. Pour protéger nos intérêts et défendre nos valeurs – c'est la méthode européenne ».

Voir le discours de Mme von der Leyen à Davos : https://aeur.eu/f/f56

Cet équilibre entre coopération et protection des intérêts européens, mais aussi l'unité européenne dans cette équation, a largement été défendu par les ministres de l'Économie et des Finances de l'UE. Ceux-ci ont participé à un dîner sur le thème des relations transatlantiques, lundi 20 janvier. « Nous devons agir ensemble. Nous formons ensemble un marché très vaste et, avec une force commune, nous pourrons beaucoup mieux maîtriser les développements aux États-Unis », a déclaré le ministre autrichien des Finances, Gunter Mayr, mardi 21 janvier. (Léa Marchal avec la rédaction)

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