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Bulletin Quotidien Europe N° 13545
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ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE débattront lundi de la Syrie, de l’Ukraine et de la Géorgie

Le Haut Représentant de l’UE a changé, mais les sujets à l’ordre du jour du Conseil des Affaires étrangères restent principalement les mêmes. Ainsi, pour le tout premier Conseil sous la direction de Kaja Kallas, lundi 16 décembre, les ministres se pencheront sur l’Ukraine et le Moyen-Orient, en particulier la Syrie, après la chute du régime Assad, sur la Géorgie, où les manifestations pro-européennes sont réprimandées, et sur la Biélorussie.

Ukraine. Les ministres devraient adopter le 15e paquet de sanctions à l’encontre de la Russie et ses soutiens. Ce paquet a fait l’objet d’un accord entre les ambassadeurs des États membres mercredi 11 décembre (EUROPE 13543/17). Environ 50 navires de la 'flotte fantôme' de la Russie devraient être sanctionnés. De plus, 16 personnes et 3 entités devraient faire l’objet de mesures dans le cadre du nouveau régime de sanctions sur les actions déstabilisatrices de la Russie (EUROPE 13499/26). 

Au-delà de ces sanctions, après une discussion avec leur homologue ukrainien par visioconférence, les ministres devraient se pencher sur le soutien militaire à l’Ukraine, alors que les attaques aériennes russes se multiplient.

La question de la 'Facilité européenne pour la Paix' pourrait ainsi être une nouvelle fois à l'ordre du jour. Selon des sources, l’objectif serait d’avoir un accord sur l’opt out de la Hongrie sur les 6,6 milliards d’euros bloqués, selon la proposition de départ. La proposition de l’ancien Haut Représentant sur la mise en place de contribution volontaire n’a pas obtenu l’accord de tous les États membres. Selon une source, l’idée de contribution volontaire était trop compliquée pour obtenir à accord à court terme.

L’objectif serait donc un accord pour élargir la possibilité de l’opt out présent dans la décision de la 'Facilité européenne pour la Paix' de 2021 concernant les équipements létaux – pour les États neutres – aux équipements non létaux. Selon une source européenne, tous les États membres, hormis la Hongrie, qui serait concernée par cet opt out, auraient donné leur accord. Le sujet pourrait être renvoyé sur la table du Conseil européen du 19 décembre.

La mission EUMAM devrait aussi être discutée, alors que Budapest bloque toujours l’ouverture d’une cellule de coordination à Kiev.

Jeudi, à Berlin, les ministres des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Pologne, de l’Espagne et du Royaume-Uni, ainsi que la Haute Représentante de l’UE ont rappelé dans une déclaration commune leur soutien à l’Ukraine. « L’Ukraine doit l’emporter », ont-ils souligné, ajoutant qu’ils continueront de soutenir l’Ukraine sur la voie irréversible de son intégration euroatlantique complète, « y compris l’adhésion à l’OTAN », et sur la voie de son adhésion à l’UE. Ils se sont aussi engagés à intensifier l’aide militaire, économique et financière à l’Ukraine, « notamment en mobilisant des financements européens supplémentaires ».

Voir la déclaration : https://aeur.eu/f/et0

Géorgie. Les ministres devraient aussi discuter de la situation dans le pays, où les manifestants pro-européens, les journalistes et la société civile sont réprimés, et réfléchir à des mesures. 

Selon un haut fonctionnaire européen, la Haute Représentante pourrait proposer de sanctionner des responsables géorgiens, comme l’ont déjà fait au niveau national des États membres de l’UE. Plusieurs sources ont précisé, vendredi 13 décembre, douter d’un consensus lors du Conseil. Plusieurs États, dont la Hongrie, seraient opposés à des sanctions. Certains pays souhaiteraient que des décisions soient prises à l’encontre des passeports diplomatiques et de services géorgiens et d’autres plaideraient pour revenir sur la libéralisation de tous les visas. Ces décisions nécessiteraient une proposition de la Commission européenne.

Vendredi, une délégation du Parlement européen, en voyage en Géorgie, a appelé à l’introduction immédiate de sanctions contre toutes les personnalités politiques de premier plan qui ont joué un rôle dans l’orchestration du recul démocratique, des graves violations électorales et des violences brutales contre des centaines de manifestants pacifiques.

Voir la déclaration : https://aeur.eu/f/et1

Syrie. Le Conseil devrait également se pencher sur la situation au Moyen-Orient. Si le maintien du cessez-le-feu au Liban et le soutien que l'UE pourrait apporter aux institutions du pays, notamment l’armée, et la situation à Gaza pourraient être abordés, l’accent sera mis sur la Syrie, quelques jours après la chute du régime Assad.

« C’est la première discussion sur ce que pourraient être les volets d’actions de l’UE », a expliqué un diplomate, précisant que les États membres pourraient demander à la Haute Représentante de fournir une base de travail avec des options.

Sans vouloir prendre de décisions hâtives, les ministres pourraient discuter de la mise en place de relations avec le nouveau pouvoir, le groupe terroriste HTS. « Il est possible d’envisager des contacts initiaux, mais il faut s’accorder sur les messages : la nécessité d’un processus inclusif, du respect des droits de l’homme et de l’intégrité territoriale du pays », a expliqué le diplomate. Selon lui, « on est dans une approche prudente. (…) L’idée est d’avoir des contacts très préliminaires, mais en étant très clairs sur nos attentes ».

Un haut fonctionnaire de l’UE a confirmé que l'UE pensait « à établir des contacts pour transmettre les messages ». Il a précisé que les contacts auraient lieu au niveau technique et que cela ne signifiait pas une reconnaissance d'HTS. Il a pris l’exemple des talibans, que l’UE ne reconnaît pas, mais avec qui elle a néanmoins des contacts.

Les États membres pourraient aussi discuter des conditions pour un retour de l’ambassadeur de l’UE en Syrie – il est actuellement à Beyrouth - et de l'envoyé spécial de l’UE pour la Syrie, Christian Berger, récemment nommé, mais dont les objectifs de mission pourraient changer avec la nouvelle situation sur le terrain. De son côté, l'Allemagne aurait nommé Tobias Lindner comme envoyé spécial pour la Syrie.

La Haute Représentante sera à Aqaba, samedi, pour une réunion avec plusieurs ministres des Affaires étrangères de la région (Liban, Qatar, Arabie Saoudite, Égypte, Turquie, Jordanie) et le secrétaire d’État américain pour discuter de la situation et unifier les positions.

Biélorussie. Rapidement, le Conseil devrait se pencher sur la situation en Biélorussie, dans la perspective de l’élection présidentielle prévue le 26 janvier 2025. Un grand nombre d’opposants politiques sont en prison ou en exil. Selon plusieurs sources, 38 personnes supplémentaires devraient être sanctionnées en raison de la situation dans le pays et de l'implication de ce dernier dans l'agression russe contre l'Ukraine.

Méthodes de travail. Par ailleurs, en amont du Conseil, les ministres se réuniront avec la nouvelle Haute Représentante de l’UE pour un petit déjeuner informel afin des discuter des méthodes de travail. Selon un diplomate, Mme Kallas voudrait lancer un processus de réflexion pour rendre le Conseil des Affaires étrangères plus concret et plus opérationnel, afin qu’il soit mieux articulé avec le Conseil européen. (Camille-Cerise Gessant avec Léa Marchal et Solenn Paulic)

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