Les ministres européens des Transports, réunis à Bruxelles jeudi 5 décembre, ont débattu de la proposition de directive concernant un cadre de soutien pour le transport intermodal de marchandises (EUROPE 13506/16). Faute d’accord sur la définition du 'transport combiné', ils ont adopté un rapport sur l'état des travaux.
Le retard sur le parachèvement des fonctionnalités numériques concernant les plateformes d’informations électroniques suscite l'inquiétude d’un grand nombre d'États membres quant à la mise en œuvre. « Les États membres ont continué à être sur la défensive malgré le travail de la Présidence hongroise du Conseil de l’UE, surtout sur la définition et la portée des transports combinés », a considéré Bálint Sándor Nagy, le secrétaire d'État hongrois, lors du débat public. « Il faut donc continuer de se retrousser les manches pour dégager un texte de compromis », a-t-il lancé.
Même posture chez Apóstolos Tzitzikóstas, le nouveau commissaire européen aux Transports et au Tourisme durables : « Le maintien du statu quo ne conduirait à aucune amélioration, si nous voulons encourager l'adoption du transport intermodal. Il est important de fournir une sécurité juridique aux parties prenantes ».
Dans sa proposition, la Commission avait suggéré une approche basée sur un seuil de 40% au moins de coûts externes économisés. Andrej Rajh, le secrétaire d’État slovène, a expliqué qu’il soutenait cette approche et n’avait pas pu accepter le compromis fondé sur une distance limite pour le segment routier. « Nous sommes un petit pays, ce compromis nous ferait régresser, car on utiliserait davantage le transport routier », a-t-il souligné. Pour lui, la définition doit être liée à la partie routière, qui doit être la plus courte possible. Idem pour la Slovaquie, qui veut que la définition se limite au terminal le plus proche.
En revanche, la France, la Grèce et l’Italie ont défendu une approche sur une limitation en distance de la partie routière du trajet. Pour les deux premières, l’idée de la Commission est bonne, mais prématurée, compte tenu du manque d’outils numérique. « Il faut prévoir des exceptions au cas par cas en mettant l'accent sur les capacités existantes des infrastructures en place », a défendu Christos Staikouras.
Enfin, Chris Bonett, le ministre maltais, a exprimé son soutien au compromis proposé par la Présidence précédente (Belgique), car il tenait compte de l’insularité des certains États membres.
Lire le rapport : https://aeur.eu/f/eob (Anne Damiani)