Plusieurs dirigeants et membres de gouvernement des pays des Balkans occidentaux étaient présents à Bruxelles, jeudi 5 décembre, à l'occasion d'un forum organisé par le centre de réflexion 'Friends of Europe'. Cette rencontre a mis en lumière des perspectives contrastées sur l'élargissement.
Tandis que les représentants des Balkans occidentaux plaident pour une adhésion rapide afin de renforcer la cohésion européenne, l'UE insiste sur une approche prudente et méritocratique face aux défis politiques, économiques et institutionnels.
La nouvelle commissaire chargée du dossier, Marta Kos, a présenté un bref discours d'introduction, sa première allocution depuis sa prise de fonction.
Selon la Slovène, si l'élargissement est aujourd'hui une des priorités de l'Union, il ne faut pas perdre de vue que « l'unité, prônée au sein de l'UE, doit aussi se refléter au sein des Balkans occidentaux, clé pour la stabilité régionale ».
Si Jakov Milatović, le président du Monténégro, a réitéré les ambitions de son pays de devenir le 28e membre de l'UE d'ici 2028, Ana Brnabić, la présidente de l’Assemblée nationale de la République de Serbie, a insisté sur la nécessité d'éviter une politique de rivalité.
« Nous devons nous soutenir mutuellement dans le processus d'adhésion, renvoyer l'image d'un pays qui serait à l'avant-garde et de pays à la traîne serait néfaste », a-t-elle argumenté.
La Serbie a récemment été critiquée par l'UE pour son rapprochement avec la Russie de Vladimir Poutine, mais pourrait cependant voir l'ouverture du troisième cluster de négociation d'ici 2025 (EUROPE 13531/4).
La majorité des intervenants se sont cependant accordés sur les priorités internes de chaque pays : renforcer les institutions nationales, finaliser la réforme judiciaire et éradiquer la corruption.
Du côté des représentants de la Commission, on continue d'insister sur l'importance de voir mûrir une coopération politique avant l’élargissement afin d'éviter les blocages décisionnels au sein des institutions.
« L'élargissement doit rester basé sur les mérites et les progrès concrets des candidats, et non sur une intégration massive simultanée, qui serait irréaliste », estime-t-on.
Là encore, la nécessité pour les pays candidats d'aligner leurs politiques étrangères et de sécurité sur celle de l'UE a été présentée comme une condition sine qua non pour l'adhésion.
Le prochain sommet entre les États membres et les Balkans occidentaux aura lieu le 18 décembre. (Isalia Stieffatre)