La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, et la commissaire européenne à l’Élargissement, Marta Kos, ont regretté, le 1er décembre, la déclaration du Premier ministre géorgien, Irakli Kobakhidze, sur la décision du parti au gouvernement, Rêve géorgien, de ne pas poursuivre l'ouverture des négociations d'adhésion à l'UE et de rejeter le soutien financier de l'UE jusqu'en 2028 (EUROPE 13534/31).
« Cette annonce marque un changement par rapport aux politiques de tous les gouvernements géorgiens précédents et aux aspirations européennes de la grande majorité du peuple géorgien, telle qu'elles sont inscrites dans la Constitution géorgienne », ont-elles souligné dans une déclaration commune.
Elles ont rappelé que la ligne de conduite des autorités géorgiennes et leur recul démocratique avaient conduit à l'arrêt de facto du processus d'adhésion dès juin 2024 et que l'aide financière de l'UE aux autorités géorgiennes était actuellement suspendue (EUROPE 13524/4). « Le retour de la Géorgie aux valeurs européennes et sur la voie de l'adhésion à l'UE est entre les mains des dirigeants géorgiens », ont prévenu les deux représentantes de l’UE, ajoutant que la porte de l'UE restait ouverte.
Alors qu'une partie des Géorgiens sont dans la rue pour réaffirmer leurs aspirations à rejoindre l'UE, « l'UE condamne fermement la violence contre les manifestants pacifiques, qui défendent fermement leur avenir européen et démocratique. Ces actions du gouvernement géorgien ont des conséquences directes sur nos relations », ont mis en garde la Haute Représentante et la commissaire européenne. Elles ont rappelé que les autorités géorgiennes devaient respecter le droit à la liberté de réunion et à la liberté d'expression et s'abstenir de recourir à la force contre les manifestants pacifiques, les responsables politiques et les représentants des médias. « Les actes de violence doivent faire l'objet d'une enquête et les responsables doivent rendre des comptes », ont estimé Mmes Kallas et Kos. Elles ont en outre rappelé que l’UE se tenait aux côtés du peuple géorgien et de son choix d'un avenir européen.
Lundi 2 décembre, la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Anitta Hipper, a annoncé que le Conseil des Affaires étrangères du 16 décembre discuterait de la situation en Géorgie. Le même jour, la Lituanie et l'Estonie ont annoncé avoir sanctionné onze personnalités géorgiennes qu'elles jugent responsables d'avoir violé les droits de l'homme lors des manifestations. (Camille-Cerise Gessant)