Les ministres de l’Emploi et des Affaires sociales de l’Union européenne, réunis en Conseil lundi 2 décembre à Bruxelles, ont adopté des conclusions visant à renforcer la santé mentale des femmes et des filles grâce à des mesures promouvant l’égalité de genre.
Ce texte s’inscrit dans la continuité des engagements de l’UE en matière d’égalité, notamment la Charte des droits fondamentaux, le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et la Stratégie pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2020-2025.
Les conclusions appellent à intégrer une perspective de genre dans la conception des politiques de santé mentale, conformément à l’Article 8 du TFUE, qui impose l’intégration de l’égalité des sexes dans toutes les actions de l’Union.
Ainsi que le rapporte le texte, au sein de l’UE, les femmes sont près de deux fois plus susceptibles que les hommes de souffrir de dépression, selon l’Organisation mondiale de la santé. Les conclusions rappellent également que les femmes exposées à des discriminations multiples, comme les mères célibataires ou celles vivant dans des situations précaires, sont particulièrement vulnérables.
Le texte vise à contrer les violences et les stéréotypes de genre, comme des facteurs identifiés comme des causes majeures de troubles psychologiques. En complément de la directive 2024/1385 adoptée au printemps (EUROPE 13431/33), les conclusions préconisent une meilleure accessibilité des services de soutien psychologique, en particulier pour les femmes victimes de violences, et encouragent la création de centres d’accueil spécialisés.
Elles recommandent aussi des campagnes de sensibilisation visant à réduire les stéréotypes de genre et à prévenir le harcèlement en ligne, particulièrement nocif pour les jeunes filles. Ces mesures s'inscrivent dans une approche comprenant le 'Digital Services Act' (EUROPE 13064/18), pour renforcer la régulation des plateformes numériques.
En outre, les conclusions exhortent à assurer une mise en œuvre correcte et rapide des récentes législations, comme la Directive sur la transparence des rémunérations, essentielle pour combler les écarts salariaux de 13% en moyenne dans l’UE, et la Directive sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, qui favorise une répartition plus équitable des responsabilités domestiques.
Enfin, le texte plaide également en faveur d'une meilleure formation des professionnels, tels que les travailleurs sociaux et les éducateurs, pour détecter et accompagner les femmes confrontées à ces problématiques.
Lire les conclusions (en anglais) : https://aeur.eu/f/ej7 (Nithya Paquiry)