Les députés européens de la commission des Affaires étrangères (AFET) ont échangé, lundi 2 décembre, avec Timcho Mucunski, ministre des Affaires étrangères et du Commerce international de Macédoine du Nord.
Celui-ci est venu présenter les ambitions et les avancées de son gouverment sur les réformes nécessaires à l'avancée de Skopje sur le chemin vers l'UE.
Mais les eurodéputés présents ont surtout saisi l'occasion pour l'interroger sur les relations avec la Bulgarie voisine et la modification de la Constitution pour inclure les Bulgares dans les groupes ethniques reconnus par Skopje.
Le député espagnol Nacho Sánchez Amor (S&D) a plaidé pour une vision moins clivante de la question, invoquant le besoin de reconnaissance de la diversité, qui devrait être vu comme « une bonne chose », une demande « venue de l'UE » et non pas une « pression » liée aux relations avec la Bulgarie (EUROPE 13170/17).
Plusieurs députés ont également soulevé la question de l'État de droit et la lutte contre la corruption, regrettant un manque d'avancées.
« Nous sommes prêts et résolus à chercher une réconciliation, mais cet effort doit être partagé et requiert un respect mutuel avec la Bulgarie », a rappelé Timcho Mucunski.
« Le 'blocus' ne fonctionne jamais. Ne laissez pas les tensions faire dérailler vos réformes. La pression est sur vous aujourd'hui, si vous parvenez à réaliser vos réformes, la pression sera sur la Bulgarie. Faites vos devoirs et ne vous focalisez pas sur les conflits », a plaidé Matej Tonin (PPE, slovène).
La Macédoine du Nord est officiellement en discussion pour adhérer à l'Union européenne depuis 2020, mais, à cause d'un conflit larvé avec la Bulgarie sur des sujets d'identité nationale, a vu son processus très ralenti depuis 2023 (EUROPE 13491/12). (Isalia Stieffatre)