Dans un document d’orientation publié lundi 2 décembre, le centre de réflexion (‘think tank’) Bruegel propose des possibles sources de financements pour atteindre le niveau d'investissements publics et privés nécessaire dans les prochaines années. Les auteurs de la publication ont calculé qu'entre 2025 et 2050, la part des investissements pour la transition verte devrait atteindre quasiment 2% du PIB par an. Pour les cinq prochaines années, cela correspond à 1 304 milliards d’euros par an.
Les auteurs estiment que la part de financements publics devrait varier entre 25 et 50% du total des investissements. Ils détaillent plusieurs pistes pour arriver à ces sommes, non sans citer et valider les propositions faites par Mario Draghi dans son rapport sur la compétitivité (EUROPE 13478/1).
Ainsi, l'idée du Fonds de compétitivité proposée par la Présidente de la Commission européenne ne doit absolument pas être abandonnée par les États membres, selon Bruegel. Ceux-ci devraient plutôt « envisager différentes options de financement, y compris un nouvel emprunt commun de l'UE, comme le suggère Mario Draghi », écrivent les auteurs du document.
Le budget de l'UE devrait également être davantage mobilisé pour la transition climatique, d'après eux. Cela passe par un maintien du seuil de dépenses vertes dans le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) à 30%, voire par son augmentation.
Un travail est enfin nécessaire, selon Bruegel, au niveau de la politique fiscale de l'UE. Une exception devrait être faite dans les procédures pour déficit excessif (PDE) afin de permettre des investissements verts. Une telle révision des règles permettrait aux pays visés par des PDE d'investir dans des projets verts, à condition qu'ils aient des résultats mesurables en termes de réduction des émissions de CO2.
En ce qui concerne les investissements privés, ils devraient être facilités par une Union des marchés de capitaux complétée, un renforcement de la BEI, un prix du carbone efficace ou encore une plus grande clarté sur la définition des investissements verts.
De manière plus générale, les auteurs de la publication insistent sur la nécessité, pour l'UE, de poursuivre la pleine mise en œuvre du 'Pacte vert' pour avoir un avantage compétitif par rapport aux États-Unis, notamment. Il s'agit également d'envoyer des signaux clairs aux investisseurs concernant les technologies vertes.
Voir le document d'orientation : https://aeur.eu/f/elj (Léa Marchal)