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Bulletin Quotidien Europe N° 13533
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / ÉgalitÉ de genre

Salaires - les eurodéputés dénoncent des injustices structurelles et une violence économique persistante

Les eurodéputés ont débattu, mardi 26 novembre, de l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes, qui demeure en moyenne de 13% dans l’Union européenne, d’après les données d’Eurostat.

Selon Helena Dalli, commissaire européenne à l’Égalité, qui a ouvert les discussions, bien que des progrès aient été réalisés sous le mandat actuel, avec une réduction équivalente à cinq jours de travail, ces avancées restent limitées et insuffisantes pour réellement inverser la tendance.

L’adoption de la directive sur la transparence salariale en avril 2023 (EUROPE 13153/13) représente cependant un premier jalon dans la lutte contre cette disparité persistante.

Mme Dalli a expliqué que ce texte fournit « des outils pour détecter et corriger les disparités » et à encouragé les entreprises à revaloriser les postes sous-évalués, souvent occupés par des femmes. Cette directive impose également la publication des données salariales et prévoit des sanctions en cas d’écarts injustifiés supérieurs à 5%, renforçant ainsi la responsabilisation des employeurs.

La commissaire a alerté sur le rythme trop lent des progrès, estimant qu’il faudrait près de 30 ans pour atteindre l’égalité salariale dans l’Union.

Il s'agirait en outre de traiter les stéréotypes, l’inégale répartition des tâches domestiques et les discriminations, par le biais notamment de la stratégie européenne pour alléger les responsabilités non rémunérées des femmes.

Des inégalités systémiques. Plusieurs eurodéputées ont apporté leurs analyses sur ces disparités. Heléne Fritzon (S&D, suédoise) a dénoncé des injustices structurelles, soulignant que les femmes sont surreprésentées dans les emplois peu rémunérés, ce qui affecte leurs salaires et leurs retraites.

Elle a jugé inadmissible qu’une vie entière soit encore nécessaire pour combler cet écart, qualifiant cette situation d’échec collectif de la société européenne.

Jana Toom (Renew Europe, estonienne) a estimé que les inégalités dépassent largement la simple rémunération. Elle a mis en lumière le poids des tâches non rémunérées, comme le ménage et la garde d’enfants, qui contraignent de nombreuses femmes à réduire leurs heures de travail rémunéré.

Elle a plaidé pour une action déterminée des États membres afin d’améliorer l’accès aux services de garde et de soins, indispensable pour permettre aux femmes de participer pleinement au marché du travail.

Des disparités au sein de l'UE. Les débats ont aussi mis en évidence les écarts significatifs entre les États membres. Lídia Pereira (PPE, portugaise) a souligné que si le Portugal affiche un écart salarial légèrement inférieur à la moyenne européenne (12%), la situation reste problématique. Elle a qualifié cette disparité de déni de dignité humaine et de justice sociale, appelant à des efforts accrus.

De son côté, Marlena Maląg (CRE, polonaise) a évoqué les particularités nationales, citant l’exemple de la Pologne, où l’écart est de 7,8%, l’un des plus faibles d’Europe. Elle a soutenu des politiques adaptées, notamment des formes de travail flexibles et une meilleure conciliation de la vie professionnelle avec la vie familiale.

Une violence économique. Enfin, Estelle Ceulemans (S&D, belge) a dénoncé le lien étroit entre l’inégalité salariale et d’autres formes de violence économique. Selon elle, la dépendance financière accroît les risques de violences physiques et sexuelles pour les femmes. Elle a exhorté à des mesures concrètes pour garantir l’égalité salariale, un droit inscrit dans les traités européens depuis 1958, mais encore trop souvent théorique. (Nithya Paquiry)

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