Les députés du Parlement européen ont débattu, mardi 26 novembre, avec la commissaire européenne à l'Égalité, Helena Dalli, de la situation au Mozambique, où des violences persistantes secouent le pays depuis l’élection présidentielle du 9 octobre dernier. Les observateurs de l’UE avaient relevé des « altérations injustifiées des résultats » durant le processus de dépouillement du scrutin (EUROPE 13509/28).
« Nous assistons à une propagation inquiétante de la violence, du pillage, du vandalisme et du désespoir. La brutalité de la répression exercée par l'appareil d'État et la police a exacerbé la situation », a déploré Mme Dalli, condamnant par ailleurs l'assassinat de deux hommes politiques de l'opposition le 19 octobre dernier (EUROPE 13508/26). « Nous exigeons la clarté sur les faits et une enquête complète », a-t-elle souligné.
La commissaire a réaffirmé l'appel de l'UE à la retenue (EUROPE 13526/27) en attendant une annonce finale des résultats électoraux.
L'eurodéputé Hélder Sousa Silva (PPE, portugais), qui a participé à une mission d'observation du PE, a évoqué ses préoccupations sur les tensions. « La violence, c'est le mot d'ordre ; une faillite de l'État de droit », a-t-il déclaré, plaidant pour un retour de la paix pour le peuple mozambicain.
À gauche de l'hémicycle, Francisco Assis (S&D, portugais) a jugé nécessaire d'apporter une « réponse internationale au terrorisme islamique qui touche le pays depuis huit ans ». « Nous devons lancer des enquêtes indépendantes (...), déterminer les auteurs directs et indirects des assassinats politiques », a-t-il ajouté. (Bernard Denuit)